Les 27 et 28 novembre 2025, l’Université Félix Houphouët-Boigny de Cocody a accueilli un événement scientifique d’envergure internationale : le premier Congrès mondial du Transhumanisme jamais organisé en Afrique. Cette rencontre historique inscrit le continent au cœur des réflexions planétaires sur les mutations technologiques, l’avenir de l’humain et les conditions éthiques du progrès scientifique.
Un congrès placé sous le signe du développement africain
Sous le thème « Transhumanisme et développement de l’Afrique », cette 18ᵉ édition a réuni plus de quarante experts issus d’une vingtaine de pays d’Afrique, d’Europe, d’Asie et des Amériques. Philosophes, chercheurs, ingénieurs, bioéthiciens, futurologues et acteurs institutionnels ont confronté leurs analyses sur des enjeux cruciaux : intelligence artificielle, biotechnologies, santé augmentée, souveraineté numérique et gouvernance éthique de l’innovation.
Au cœur de ces débats, le Pr Lazare Poamé, philosophe et bioéthicien ivoirien de renom, a marqué les esprits. Deux semaines après le Congrès, le 10 décembre 2025, la Société ivoirienne de transhumanisme (SIVOT) l’a consacré comme le « précurseur incontesté des études transhumanistes en Afrique ». Le Pr Josué Guébo, président de la SIVOT, a rappelé que bien avant l’essor du transhumanisme dans les débats académiques africains, le Pr Poamé en avait déjà perçu les implications philosophiques, anthropologiques, politiques et éthiques. Sa pensée constitue aujourd’hui un socle structurant pour une nouvelle génération de chercheurs africains.
La conférence inaugurale du Pr Poamé a posé les bases d’un transhumanisme africain attentif aux valeurs culturelles, sociales et spirituelles du continent. Refusant toute approche techniciste ou réductionniste, il a invité à concevoir l’augmentation humaine comme une continuité critique de la quête africaine du savoir, de la dignité et de l’émancipation, plutôt que comme une rupture imposée de l’extérieur.
Le Pr Ebenezer Njoh Mouelle, président du Comité scientifique, a prolongé cette réflexion en insistant sur la nécessité de maîtriser les technologies émergentes afin qu’elles deviennent des leviers de développement endogène, et non de nouvelles formes de dépendance.
Des thématiques structurantes
Les travaux se sont articulés autour de sessions consacrées à :
- les fondements anthropologiques du transhumanisme,
- les défis éthiques de l’intelligence artificielle,
- la longévité et les innovations biomédicales,
- la souveraineté numérique africaine,
- la spiritualité face aux technologies émergentes.
Parmi les concepts marquants, celui de Transubuntu, présenté par le Pr Josué Guébo, a proposé une articulation originale entre l’héritage relationnel africain (Ubuntu) et les technosciences contemporaines. Cette approche ouvre la voie à une pensée africaine de l’avenir fondée sur la solidarité et la responsabilité collective.
Le Congrès a renforcé des partenariats structurants avec des organisations de référence telles que Humanity+, l’Association Française Transhumaniste (AFT-Technoprog), l’IEET et d’autres réseaux mondiaux engagés pour un transhumanisme démocratique et respectueux des droits humains. À l’issue des travaux, la « Motion d’Abidjan pour un Transhumanisme Humaniste Africain » a été adoptée, appelant à une gouvernance éthique, solidaire et souveraine des technologies émergentes.
Le rayonnement du Pr Poamé
Titulaire de la Chaire UNESCO de Bioéthique, membre associé de l’Académie royale de Belgique, expert auprès de l’UNESCO et de l’Agence universitaire de la Francophonie, le Pr Poamé coordonne le Master d’Éthique et de Bioéthique pour l’Afrique de l’Ouest et contribue à la Nouvelle Encyclopédie de Bioéthique. Son rôle est déterminant dans la structuration de la réflexion bioéthique et transhumaniste sur le continent.
Soutenu par JD Éditions, sponsor officiel de l’événement, ce premier Congrès mondial du Transhumanisme organisé en Afrique consacre Abidjan comme un pôle intellectuel stratégique du débat sur l’avenir de l’humanité. Il témoigne d’une Afrique désormais actrice de la réflexion, de la décision et de la construction du progrès technologique, dans une perspective éthique, critique et souveraine.s similaires qui sont à l’œuvre dans les processus visés ? Faisons l’hypothèse qu’il n’en est rien !








