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	<title>Akindes &#8211; Perfectionivoirienne.net</title>
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		<title>Réinventer la démocratie ivoirienne à la lumière des réflexions de Francis Akindès</title>
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		<pubDate>Wed, 18 Dec 2024 18:06:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[À l’approche des élections présidentielles d’octobre 2025, la Côte d’Ivoire traverse une période de tensions politiques, exacerbée par la radiation de plusieurs figures majeures de l’opposition. Cette situation met en évidence les fragilités structurelles du processus démocratique ivoirien, analysées dès 2013 par le Professeur des Universités Francis Akindès. Ses travaux offrent des clés de lecture [&#8230;]]]></description>
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<p class="wp-block-paragraph">À l’approche des élections présidentielles d’octobre 2025, la Côte d’Ivoire traverse une période de tensions politiques, exacerbée par la radiation de plusieurs figures majeures de l’opposition. Cette situation met en évidence les fragilités structurelles du processus démocratique ivoirien, analysées dès 2013 par le Professeur des Universités <a><strong>Francis Akindès</strong></a>. Ses travaux offrent des clés de lecture précieuses pour comprendre ces crises et identifier des solutions durables. Le 17 octobre 2013, il a présenté sa conférence <em>Vues d’Afrique : sciences, politique et démocratie</em> au <strong>Collège de France</strong><strong>,</strong> lors du colloque de rentrée <em>Science et démocratie</em>. Cet événement a réuni plusieurs experts pour explorer<strong>les interactions entre la science et la gouvernance démocratique</strong><strong>,</strong> notamment dans les pays du Sud.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’un des constats majeurs de Francis Akindès est que la démocratie en Afrique est fragilisée par une conception patrimoniale de l’État, où l’accès au pouvoir devient une lutte pour le contrôle des ressources publiques, plutôt qu’un engagement en faveur du bien commun. Il souligne que « l’État fascine, car il est vu comme un lieu exceptionnel de concentration d’extraordinaires pouvoirs ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un exemple frappant est la crise post-électorale de 2010-2011 en Côte d’Ivoire, où la contestation des résultats a conduit à un conflit armé. Pour stabiliser la démocratie, Francis Akindès préconise la mise en place de mécanismes rigoureux de transparence électorale. La création d’une commission électorale véritablement indépendante, en rupture avec les influences partisanes, permettrait d&#8217;assurer des élections crédibles. De plus, l&#8217;observation internationale et l&#8217;accès libre aux données électorales doivent être renforcés afin de restaurer la confiance des citoyens.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au-delà du cadre institutionnel, Francis Akindès insiste sur la nécessité de renforcer les espaces de débat citoyen. Il explique que « la prise de parole s&#8217;organise désormais à travers des lieux de débats spontanés et à ciel ouvert », mettant en avant l’importance des discussions publiques pour approfondir l’engagement politique des citoyens.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans le contexte actuel, où la méfiance envers les institutions est forte, il est essentiel d’encourager des initiatives de dialogue entre les acteurs politiques et la société civile. Les plateformes numériques et les forums publics doivent être utilisés pour structurer des échanges constructifs et prévenir les conflits post-électoraux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Enfin, Akindès souligne que la représentation culturelle de l’État doit évoluer. Il critique la logique selon laquelle « un État, ça se vole et ça se mange », qui encourage le clientélisme et la manipulation des électeurs par des promesses opportunistes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour une gouvernance plus transparente, la Côte d&#8217;Ivoire doit promouvoir une reddition des comptes systématiques, où les élus ou gestionnaires des deniers de l’Etat, doivent justifier leurs actions et engagements auprès de la population. La lutte contre la corruption et la mise en place de mécanismes de contrôle citoyen sont essentielles pour instaurer un modèle politique plus équitable.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les réflexions de Francis Akindès, bien qu’énoncées en 2013, résonnent aujourd’hui avec une acuité frappante. La Côte d’Ivoire peut s’en inspirer pour réinventer son modèle démocratique, en renforçant la viabilité des institutions, en renforçant le dialogue citoyen et en redéfinissant la gouvernance comme un service au peuple plutôt qu’une opportunité de contrôle des ressources. À quelques semaines du scrutin, cette transformation apparaît non seulement nécessaire, mais urgente.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sociologue de renom, Francis Akindès est P<strong>rofesseur à l’Université Alassane Ouattara de Bouaké</strong>et <strong>directeur des programmes de la Chaire UNESCO de Bioéthique</strong><strong>. </strong>Il s’est distingué par ses recherches sur <strong>les transitions démocratiques, les violences politiques et les défis institutionnels en Afrique</strong><strong>.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Réinventer la démocratie ivoirienne : Entre réflexion académique et réalité politique</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">À l’approche des élections présidentielles d’octobre 2025, la Côte d&#8217;Ivoire se trouve plongée dans une turbulence politique exacerbée, où les tensions entre le pouvoir en place et l&#8217;opposition s&#8217;intensifient. Cette situation, marquée par la radiation de figures majeures de l&#8217;opposition, met en lumière les fragilités structurelles du système démocratique ivoirien. Un éclairage précieux sur cette dynamique a été apporté par les réflexions du Professeur Francis Akindès, un sociologue reconnu, dont les travaux sur la démocratie en Afrique, bien qu’entamés en 2013, restent d&#8217;une actualité brûlante.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans sa conférence intitulée &#8220;Vues d&#8217;Afrique : sciences, politique et démocratie&#8221; présentée au Collège de France en octobre 2013, Francis Akindès avait déjà souligné les fragilités inhérentes à la démocratie ivoirienne. Selon lui, cette démocratie est gangrenée par une conception patrimoniale de l’État, où l&#8217;accès au pouvoir devient une lutte pour le contrôle des ressources publiques plutôt qu’un engagement en faveur du bien commun. Il critique l&#8217;approche selon laquelle l’État est perçu comme un lieu de concentration des pouvoirs, un concept qui facilite la corruption, le clientélisme et l&#8217;instrumentalisation des institutions pour des fins partisanes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cet état de fait se traduit par une gestion des élections profondément affectée par des pratiques de manipulation juridique et politique. À cet égard, la crise post-électorale de 2010-2011, qui a plongé la Côte d’Ivoire dans un conflit armé, illustre de manière tragique les conséquences de l’absence de mécanismes transparents et impartiaux de gestion électorale. Pour Akindès, la mise en place de commissions électorales véritablement indépendantes et la transparence totale dans la gestion des données électorales sont des prérequis pour restaurer la confiance des citoyens dans le processus démocratique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans le contexte actuel, ces analyses prennent tout leur sens. À l’heure où les tensions politiques sont à leur paroxysme, la question de la légitimité des élections se pose avec force. L’actualité politique, marqué par la &#8220;guerre électorale&#8221; et les manœuvres qui voient certains leaders de l’opposition éliminés de la compétition, résonne comme une confirmation des inquiétudes formulées par Akindès. L’extension de ces &#8220;manœuvres de contrôle&#8221;, illustrées par les exclusions de <strong>Tidjane Thiam et de Charles Blé Goudé</strong> de la liste électorale, montre la dure réalité d’un pouvoir qui s’accroche par tous les moyens à sa domination, et qui utilise des stratégies de marginalisation pour neutraliser l’opposition. Le pouvoir actuel semble avoir mis en œuvre un véritable jeu d’échec politique où l’élimination des adversaires est une priorité, et où les promesses d’un processus démocratique apaisé ne sont que des slogans vides de sens.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À la lumière de ces événements, il est crucial de repenser les principes de gouvernance démocratique en Côte d&#8217;Ivoire. Akindès insiste sur l&#8217;importance des espaces de débat citoyen. Dans une société où la méfiance envers les institutions politiques est croissante, il devient impératif de promouvoir la culture politique fondée sur le débat et l’inclusion. La démocratie ne doit pas se réduire à un simple processus électoral où des élites se disputent le pouvoir, mais elle doit offrir un cadre où chaque citoyen peut participer activement à la construction de la société. Les plateformes numériques et les forums publics doivent jouer un rôle central dans cette révision du paysage démocratique ivoirien, en permettant un dialogue direct entre les citoyens, la société civile et les acteurs politiques. Ce dialogue, structuré et respectueux, est une condition sine qua non pour éviter les dérives autoritaires et construire une démocratie véritablement inclusive.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans cette optique, la promotion d’une culture politique axée sur l&#8217;inclusion et le débat devrait être au cœur des réformes à entreprendre. Les partis politiques, les institutions de régulation électorale, ainsi que la société civile, doivent œuvrer ensemble pour créer un environnement où la diversité des opinions est respectée, et où les divergences sont abordées dans un esprit constructif. La suppression des pratiques de clientélisme et la remise en question de la logique de manipulation électorale sont des étapes incontournables pour rétablir la légitimité des élections et restaurer la confiance des citoyens dans leurs institutions.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ainsi, pour réinventer la démocratie ivoirienne, il ne suffit pas de repenser les mécanismes institutionnels. Il est également nécessaire de promouvoir un espace politique où les débats sont ouverts, inclusifs et respectueux. Un tel environnement contribuera non seulement à apaiser les tensions actuelles, mais aussi à jeter les bases d’une démocratie plus robuste, capable de relever les défis politiques et sociaux du pays dans les années à venir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En conclusion, les réflexions de Francis Akindès, combinées aux réalités politiques actuelles, offrent une feuille de route claire pour réinventer la démocratie en Côte d&#8217;Ivoire. Il est impératif d’agir rapidement pour redéfinir la gouvernance, restaurer la confiance dans le processus électoral et promouvoir une culture politique fondée sur le débat et l&#8217;inclusion. Cela ne constitue pas seulement un impératif moral, mais également un besoin urgent pour garantir la stabilité et le progrès de la nation.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>Conférence publique sur le thème : il parait que &#8230; les gens disent que&#8230; Sociologie de la rumeur</title>
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		<pubDate>Wed, 18 Dec 2024 18:06:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Par Professeur Francis AKINDES Sociologue, Enseignant &#8211; Chercheur Université de Bouaké Introduction La rumeur du chien. En avril 1992, des événements ahurissants surviennent à Conakry, capitale de la République de Guinée (Afrique de l’ouest). Une population en furie rase la villa d’un “Blanc” ; des tracts pornographiques se mettent à circuler de main en main; [&#8230;]]]></description>
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<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Par Professeur Francis AKINDES </strong><strong><em>Sociologue, Enseignant &#8211; Chercheur</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Université de Bouaké</em></strong><strong></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Introduction</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>La rumeur du chien</em></strong><strong>.</strong> En avril 1992, des événements ahurissants surviennent à Conakry, capitale de la République de Guinée (Afrique de l’ouest). Une population en furie rase la villa d’un “Blanc” ; des tracts pornographiques se mettent à circuler de main en main; des explosions émeutières secouent la ville. Les médias d’État s’en saisissent, citant noms des protagonistes et lieux, les téléscripteurs de l’AFP se mettent à crépiter…</p>



<p class="wp-block-paragraph">Des Guinéens ont manifesté dans le quartier de Madina, le plus peuplé de Conakry, brutalisant les jeunes femmes portant un pantalon ou une minijupe. À l’origine de ces violences, l’arrestation, la veille, d’un ressortissant espagnol qui aurait tourné secrètement des films pornographiques à son domicile. Les habitants du quartier ont failli le lyncher et s’en sont pris ensuite aux automobilistes européens de passage dans le quartier,</p>



<p class="wp-block-paragraph">qu’ils ont molestés. Le ministre de l’Intérieur a présenté ses excuses aux Européens victimes, ou menacés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’enquête de police aurait révélé que l’affaire n’était en réalité qu’une “pure machination dénuée de tout fondement”.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’agitation diminue enfin après l’intervention télévisée du Ministre de l’Intérieur puis du Chef de l’État lui-même. On relève cependant un mort au moins, des dizaines de blessés, et on parle de 45 arrestations diverses. Et puis, contre vents et marées, les langues continuent de fredonner le refrain de la rumeur…</p>



<p class="wp-block-paragraph">Que raconte-t-elle, au fait ? Une jeune Conakryka expose ce qu’elle a entendu « pour la première fois au domicile de [son] oncle ». Un mobile d’argent était à la base de cette affaire, dit-on. Trois filles, une Soussoue, une Peulhe et une Malinké, s’étaient laissées entraîner dans une villa d’un Européen à Hamdallaye pour se livrer à une vie de débauche en contrepartie de quelques poignées de dollars. Un cameraman était placé dans un coin de la chambre pour filmer les actions… de l’accouplement du chien aux filles. Ces films devaient servir par la</p>



<p class="wp-block-paragraph">suite à une commercialisation en Europe.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>« Un enfant serpent sous le pont Baskuy » (Fasonet du 16 Janvier 2006)</em></strong>. Le pont « Baskuy » sur l’Avenue du Yatenga a été subitement envahi, vendredi 6 janvier 2006, dans la matinée par les usagers et le voisinage. Il a fallu recourir aux Forces de l’ordre pour disperser la foule et dégager la voie. Des témoins</p>



<p class="wp-block-paragraph">affirment avoir vu un homme descendre d’un véhicule cossu (grosse Mercedes noire) avec un enfant à moitié serpent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le monsieur l’aurait déposé sur le pont. Et aussitôt, le « bonbandé » (être mysterieux) aurait disparu sous le pont. D’autres sources soutiennent le contraire. Selon elles, l’homme de la grosse cylindrée aurait déposé un</p>



<p class="wp-block-paragraph">sacrifice dont on ignore la nature, sur le pont « Baskuy » . Aussi, un enfant d’un groupe de trois gamins aurait</p>



<p class="wp-block-paragraph">été attiré par l’offrande et la ramassa. C’est ainsi qu’il se transforma en « bonbandé », un enfant serpent, à la grande stupéfaction de ses camarades. De bouche à oreille, la nouvelle traversa les environs et personne ne voulut se laisser raconter le mystère du pont « Baskuy ». Deux marabouts auraient été sollicités pour redonner à l’enfant sa forme humaine.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le premier ne réussit pas le miracle. Le second serait arrivé seulement à reconstituer la tête du gamin avant de demander à continuer la métamorphose chez lui à la maison. Il aurait indiqué qu’il lui est possible de retourner le même sort à l’auteur du sacrifice. Le marabout prodige aurait soutenu que l’homme devrait revenir rechercher le résultat de son offrande.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Toujours est-il que cette histoire rocambolesque vient rappeler une autre qui se serait déjà produite à Koudougou, il y a quelques années.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>« Pour se venger d’elle &#8211; Une écolière sorcière bouche les trompes de sa mère » </em></strong>titre <em>Soir Info </em>du 10 octobre 2005 : « Les sorciers ont vraiment une conception bizarre des choses note l’auteur de l’article. Si ce n’est pas le géniteur qui trouve bon de faire de la chair de sa progéniture son festin, ce sont carrément des</p>



<p class="wp-block-paragraph">enfants qui font des misères à leurs propres parents ». C’est l’histoire d’une gamine rompue aux rouages de la sorcellerie et qui en a fait voir de toutes les couleurs à sa propre mère. Les faits remontent au mois de septembre dernier. La mère de la petite Edwige, est constamment malade.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>L’idée de société à l’ère de la modernité</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La pauvre souffre d’insoutenables maux de ventre. Devenue désormais grabataire, elle est abonnée aux incessants tours dans les hôpitaux. Mais rien n’y fit. En dépit des sous qu’elle injecte dans les soins de santé, son mal persiste. Loin pourtant d’atteindre la ménopause, elle ne peut plus contracter de grossesse. Selon le diagnostic des médecins, ses trompes sont bouchées. Tout comme son appendice qui renferme une énorme boule dont la nature est difficile à cerner. Sa fille aurait fait usage de son pouvoir maléfique pour introduire dans l’appendice de sa mère, une boule de sable recueillie sur l’aire de jeux diabolique de sa confrérie. Et d’autres boules de sable, carrément dans les trompes de sa génitrice au point de les boucher. Ceci a pour conséquence d’empêcher sa mère de connaître la joie d’une autre maternité. C’est sa façon de prendre sa revanche contre sa mère qui n’aurait de cesse de la battre. La voir donc souffrir est un énorme plaisir dont elle se délecterait. Fort heureusement, le sinistre pouvoir occulte de cette petite fille aurait été anéanti par une voyante qui usa de son savoir pour guérir la femme malade.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans les capitales africaines et presque à intervalle régulière de deux ans, les populations vivent sous le charme de la rocambolesque histoire de vol de sexe dont l’auteur est presque toujours un ressortant d’une communauté trangère.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Au titre des rumeurs, des faits divers côtoient des faits aux relents politiques plus prononcés</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Vers la fin des années 1990, en Côte d’Ivoire, au plus fort des crises sociopolitiques liées à la transition politique, les étudiants de la cité universitaire de Port-Bouët affirment avoir lu sur les sacs de riz à eux destinés, stockés dans la réserve du restaurant universitaire, la mention suivante : « Only for dog ». Ils n’ont jamais pourtant fourni les preuves de leur allégation.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>L’universalité de la rumeur est un fait.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">En Europe, a circulé également vers la fin des années 1980 l’histoire de la banane empoisonnée qui aurait tué une petite fille jamais identifiée. Cette histoire ressemble bien à celle des araignées qu’on aurait retrouvées dans les régimes de banane.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En France, plus particulièrement, les inhumations clandestines de chinois dans le 13ème arrondissement à Paris passaient pour être une vérité que jamais rien n’a validée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En 1981, à la victoire de la Gauche, a circulé le bruit de chars soviétiques qui s’apprêtaient à entrer dans la capitale française ainsi que la menace prochaine d’achat de la baguette de pain en rouble (monnaie russe).</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Qu’est que la rumeur ? C’est une nouvelle qui se répand dans le public</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon Jean-Noël Capferrer, la rumeur, en tant « qu’autoroute du colportage » (Pascal Froissard), est le plus vieux média du monde. C’est un bruit qui court, court, court.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une des caractéristiques des rumeurs est qu’elles sont répétitives et s’habillent toujours des vêtements du jour qui les rendent frais et qui font qu’elles ne se laissent pas déceler. Capferrer révèle qu’il existe dans le monde un stock d’histoires, dont le recensement est en cours, qui permet de démontrer sa récurrence.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>&#8211; Comment a donc évolué la rumeur dans le temps et dans l’espace ?</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>&#8211; Comment la sociologie aborde-t-elle la problématique de la rumeur aujourd’hui ?</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">&#8211; <em>La rumeur est un instrument particulièrement pernicieux en politique. D’où vient ce caractère pernicieux ? Autrement dit, quels sont les usages stratégiques de la rumeur en politique ?</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>1. La rumeur dans le temps et dans l’espace</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Une rumeur plaît parce qu’elle fait parler les gens sans impliquer leur responsabilité. Elle colporte la bonne histoire en direction de la bonne personne. Car on ne dit pas n’importe quoi à n’importe qui. La trajectoire de la rumeur renvoie à une sociologie des affinités électives. Avec la rumeur, c’est une</p>



<p class="wp-block-paragraph">consommation permanente de liens sociaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>La rumeur et son mode de propagation ont évolué dans le temps.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>La rumeur localisée et/ou pré-moderne</em></strong>. Avant le 19è siècle, le mot rumeur n’existait pas sous son acception actuelle. Le « bouche à oreille » était le premier support de diffusion de ce qui sera considéré plus tard comme rumeur et qui n’était rien d’autres que des phénomènes courants et parfaitement anodins. Mais, ici la diffusion du bruit est lente. Les sources de l’information sont non identifiables : « Il paraît que … » ; « On m’a dit que … ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">La rumeur relève avant tout du mode de communication privilégié au niveau local. C’est l’expression de la vie affective locale : observation permanente de son voisin dans le village, dans le quartier, etc.… Et à ce titre, elle fonctionne comme des radars sociaux (révélation d’incestes en Europe).</p>



<p class="wp-block-paragraph">En vieux français, <em>rumeur </em>était associé à <em>réputation</em>. On disait : une bonne rumeur s’attachait à lui. C’est plus précisément à partir de 1902 que la différenciation entre <em>réputation </em>et <em>rumeur </em>s’opèrera et que le creuset psychopathologique va renforcer son intérêt pour la rumeur.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>La rumeur est moderne parce que médiatisée</em></strong>. On parle de plus en plus de la rumeur à cause de celle qui tue. Les médias font exister la rumeur, surtout celle qui tue, à partir du 19è siècle. Elle s’accélère avec les médias comme la radio et la presse devenus un humus de sources potentiels de rumeur. Les médias sont une courroie d’amplification des rumeurs. Mais l’information rumorale est alors rapportée au conditionnel, avec pour l’auteur la possibilité permanente de dénégation de ce qu’il a contribué à distiller comme nouvelle : « On rapporte que … » ; « Il paraîtrait que … »</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>La rumeur, avec Internet ou la rumeur électronique</em></strong>. Avec l’Internet, on passe du bruit dont la diffusion est lente à la liste de diffusion et aux forums sur la base du même principe d’affinité. A qui ai-je envie de dire quoi ? N’importe qui n’est pas destinataire de n’importe quoi. Les listes de diffusion et les fora recréent des affinités électives à la puissance 100. Mais, à la différence des modes de véhicule de la rumeur, l’Internet permet la mise en place de mécanismes de contre-réaction immédiate. « Préviens un tel que … », « Je t’apprends que j’ai appris que … ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’efficacité sociale de la rumeur provient du fait de faire répéter la même chose par des personnes différentes afin que plusieurs sources différentes disent la même chose.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>2. De la rumeur … à sa compréhension</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>La rumeur est un objet de recherche relativement récent en sciences sociales</em></strong>. On peut tenter d’établir une filiation intellectuelle du concept et de son analyse. Celle-ci révèle quelques figures intellectuelles. Avant de devenir un objet de sociologie, la rumeur fut d’abord avec Stoetzel, Allport et Postman, une préoccupation de psychologie sociale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En psychologie sociale, elle était étudiée de façon décontextualisée. C’est-à-dire qu’on observait en laboratoire des comportements d’individus soumis à un input informationnel de type rumoral. C’était en quelque sorte une analyse in vitro du téléphone arabe. L’intérêt scientifique était porté uniquement sur les rumeurs qui circulent dans les situations de changement brutal de la société. Or, dans la réalité, dans toute société, il y a autant de champs de rumeur qu’il y a de champs sociaux : les rumeurs de village, de quartier ; les rumeurs dans le champ politique ; les rumeurs dans le champ économique dont le plus connu est la rumeur dans les milieux boursiers.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Parce qu’elles sont une remarquable photographie de l’état des croyances collectives et des représentations sociales qu’elles expriment et transmettent, les rumeurs constituent un objet d’étude de premier ordre pour le sociologue (Emmanuel Taieb).</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>La sociologie sort la rumeur des laboratoires</em></strong>, va au-delà des analyses sémantiques et sémiologiques chères aux linguistes et aux spécialistes de la communication pour développer plutôt <em>une approche transactionnelle de la rumeur </em>(Edgar Morin, Philippe Aldrin). Elle part de l’hypothèse que la rumeur n’est pas le mode de communication que des situations de crise sociale pour rendre compte plutôt de la richesse des usages sociaux des rumeurs. Les milieux professionnels fermés et les corps de métier comme les policiers, les prêtres, les magistrats, les militaires, les professeurs, tous sensibles à la réputation, justifient les multiples du phénomène.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La sociologie aborde la rumeur comme un champ clos d’expressions et d’opinions et questionne le processus par lequel le discours est produit, se répand et génère des effets (Pascal Froissard, Jean-Noël Capferrer, Philippe Aldrin). En fait, il s’agit d’une reconstruction sociologique de la « chaîne</p>



<p class="wp-block-paragraph">rumorale » (Edgar Morin).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour la sociologie, il faut aller au-delà d’une lecture de la rumeur comme étant une pathologie communicationnelle. Il faut également sortir d’une analyse en termes de rumeur comme simples croyances et recomposer le moment d’interactions où s’énonce la rumeur (nature de la rumeur ; contenu du message ; derrière le message, l’intention des émetteurs ou les enjeux de l’énonciation de la rumeur; types d’effets produits sur le public).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il est de plus en plus admis aujourd’hui en « rumologie » la capacité de la rumeur à être non seulement un élément de lien social mais aussi à produire du lien social. La rumeur révèle essentiellement le social à travers une interaction entre mémoire sociale et apparition du phénomène.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>3. Modèle d’interprétation générale de la rumeur</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La rumeur passe par trois phases.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>1. La phase de la réduction </em></strong>: l’histoire est résumée en proposition simple. En fait une étape de simplification facilitant sa réappropriation individuelle et personnalisée.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>2. La phase d’accentuation </em></strong>: c’est l’étape à la fois de l’assimilation collective de l’histoire et de sa transformation par la contribution de chacun à sa réification.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>3. La phase d’assimilation </em></strong>: l’histoire acquiert sa forme idéale en tant que réalité véhiculée mais non vérifiable.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon Philippe Aldrin, lorsque la rumeur est émise, elle peut avoir deux effets :</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>1. Des effets collusifs </em></strong>: provoquer un mouvement social incontrôlé</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>2. Des effets d’information </em></strong>: la rumeur est relayée par des médias ou instrumentalisée par des organisations politiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Françoise Reumaux propose une démarche plus phénoménologique de la rumeur. En considérant la rumeur comme un système et en partant de « l’espace audiologique » (Kurt Lewin), elle tente de reconstruire la trajectoire sociale d’une rumeur, les relais utilisés, les espaces parcourus.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>III. Modèle d’interprétation générale de la rumeur</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">A partir de la critique des études antérieures selon laquelle la rumeur n’est étudiée qu’au stade seulement de son éclosion, Reumaux se propose, quant à elle, d’analyser le processus de gestation d’une rumeur à travers trois étapes qu’elle emprunte à la métaphore entomologique :</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>1. stade larvaire </em></strong>: dès que les hommes se retrouvent ensemble, les rumeurs partent sur fond de bruit. Recours à la mémoire collective et aux mythèmes qui traînent dans l’inconscient collectif (dans la rumeur du chien : la frustration imposée par les rapports entre «Blanc» et «Noir» etc …).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Elle puise dans l&#8217;environnement la substance qui lui conférera son énergie. La disposition d’un groupe social à produire des fantasmes.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>2. stade nymphal </em></strong>: elle « couve » et se disperse sans bruit. Ce qui implique une réflexion sur les temporalités sociales. Les virtualités, les potentialités de ce qui adviendra au stade d’éclosion.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>3. stade d’éclosion </em></strong>: diffusion de la rumeur devenue facteur de sociabilité dans un espace bien déterminé. Chacun se réapproprie l’histoire (récit ou discours) en fonction de sa propre position ou de ses savoirs propres. La rumeur devient une prémisse de l’opinion publique. Avec une possibilité d’établissement de la carte des rumeurs (Réumeaux).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sur la base d’une classification socio-psychanalytique, Françoise Réumeaux dégage quatre modèles de rumeur avec les figures qui s’y cristallisent :</p>



<p class="wp-block-paragraph">1. <strong><em>Le modèle hystérique </em></strong>avec la figure du bouc émissaire. elle explose sans prévenir, toute pleine de son évidence avec la figure de la peur extrême.</p>



<p class="wp-block-paragraph">2. <strong><em>Le modèle paranoïaque </em></strong>avec la figure du complot.</p>



<p class="wp-block-paragraph">3. <strong><em>Le modèle pervers </em></strong>avec la figure du secret ambivalent (caché/montré) ; dire sans dire ; secret de polichinelle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">4. <strong><em>Le modèle schizoïde </em></strong>avec la figure de l’étrangeté assimilable à la légende du Dr Jekill and Mr Hyde qui ne se regardent jamais en face. La figure du héros comme un Janus à double visage.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La rumeur acquiert son efficacité par le recours aux ressources mythologiques de l’imaginaire et de l’inconscient collectif.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Lorsque c’est une rumeur qui entretient une forme particulière de peur, elle s’appuie sur un fond imaginaire porteur de cette peur qui aide la rumeur à acquérir sa puissance et son efficacité. Dans ce cas, la rumeur déploie sa puissance de prophétie d’auto-validation. Car, elle finit par créer le phénomène.</p>



<p class="wp-block-paragraph">On peut recomposer la logique et les récits des rumeurs en replongeant dans les archives de presse et en faisant une enquête auprès de la communauté concernée, comme Philippe Aldrin l’a fait pour l’ « Affaire Carpentras » (profanation du cimetière juif de la ville en mai 1990).</p>



<p class="wp-block-paragraph">De là, on peut repérer, comme le suggère Aldrin, les positions des différents groupes d’acteurs face à l’événement, les raisons évoquées par ceux qui croient à la rumeur (faire peser le soupçon ou accuser) et celles utilisées par les personnes en cause pour justifier leur innocence (théorie du complot ? registre de l’indignation ? justifications de son innocence ?).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Tout cela peut déboucher enfin sur l’analyse de la conduite de ceux que Aldrin appelle « les différents entrepreneurs de rumeurs » et, notamment, la genèse, les instrumentalisations et la postérité de l’objet d’accusation.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>4. Les usages stratégiques des rumeurs dans le champ politique</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La rumeur n’est pas toujours spontanée. Elle l’est d’ailleurs de moins en moins lorsque l’objet rumoral est surtout politique ou un enjeu commercial. Elle relève alors d’un agir communicationnel de type particulier que Philippe Aldrin appelle « l’agir rumoral ».</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>L’agir rumoral en tant qu’investissement politique</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">L’agir rumoral, en politique ou dans l’univers financier et commercial a toujours une finalité. C’est un investissement. Il participe des activités de communication des champs sociaux qui, comme la politique, le milieu financier et le monde des entreprises, valorisent la compétition comme mode de régulation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Malgré la logique de compétition qui les régit, ce sont des mondes dotés de codes éthiques de communication en tant qu’ensemble de règles et de conventions auxquelles les acteurs qui y jouent doivent se conformer pour espérer être en conformité avec le registre du socialement et/ou du politiquement correct du « bien dire » (ne pas dire n’importe quoi, n’importe où, n’importe comment, sur n’importe qui à n’importe quel moment). Mais, il y a la règle et la réalité. C’est dans les arènes politiques qu’on observe les formes les plus pernicieuses telles que la désinformation, la fuite d’informations non autorisées ou officieuses, le persiflage, les révélations invérifiables, la diffamation, qui sont des armes politiquement utiles mais moralement reconnues comme incorrectes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le canal de la rumeur devient le vecteur de communication alternative qui s’autonomise, mais inscrite au registre des pratiques officieuses de la compétition politique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’agir rumoral constitue une disposition consubstantielle du champ politique et dans une moindre mesure, du monde des entreprises et des activités boursières. Nous allons nous appesantir plutôt sur le cas de la rumeur en politique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En politique, l’efficacité s’embarrasse peu de morale même si les acteurs manifestent quelques scrupules à ce que leurs actes soient jugés à l’aune de la morale et de l’éthique communicationnelle (Jürgen Habermas).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour cette raison, certaines formes de stratégies de disqualification de son adversaire ne peuvent être mises en branle de façon transparente à partir de sa position. Elles sont actionnées par l’entremise de l’entourage qui les amplifie par le truchement de la rumeur. Celle-ci permet d’imputer une information à la masse sans en porter la responsabilité. Les informations le plus souvent ainsi imputées sont le plus souvent celles qui permettent de donner des coups fatals à l’adversaire pour le disqualifier. Ainsi, la rumeur fonctionne-t-elle comme un registre de prise de parole (Aldrin) et de diffusion de l’information par les acteurs politiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’usage des rumeurs permet d’échanger, de communiquer en échappant aux contraintes de la discussion argumentée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le raccourci de la rumeur permet de faire une économie d’effort en situation politique complexe. Elle offre également une possibilité de dramatisation d’un fait banal.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Relation acteurs politiques – journalistes dans la mobilisation des rumeurs</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La mobilisation des rumeurs en politique finit par instaurer une sociologie particulière de relations acteurs politiques – journalistes, avec des intérêts croisés des acteurs en présence.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’acteur politique diffuse une rumeur sur son adversaire, par exemple, et cherche souvent à lui procurer un écho médiatique pour lui assurer une efficacité sociale et politique maximale. Cette transaction entre acteurs politiques et hommes de médias présente des différences en fonction de l’effectivité du respect de la législation de la profession de journalisme et du code éthique sensé la régir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En Afrique, l’absence d’indépendance des organes de presse fait d’eux des véhicules des rumeurs à finalité politique. En tant qu’organes de presse affiliés à des mouvements politiques ou, parfois, sous forme de commande spécifique contre des billets de banque, la presse surtout écrite amplifie la rumeur dans l’intérêt de son financeur qui en espère un gain politique immédiat ou différé en terme de désinformation ou de disqualification de son adversaire. A la réaction des personnes mises en cause, ces organes se contentent souvent de démentis le plus souvent publiés dans un encart bien des jours après la parution de l’article diffamatoire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ailleurs, en Europe ou aux Etats-Unis où le journaliste ne peut publier n’importe quelle rumeur, par souci d’éthique ou par crainte de la loi, les rumeurs sont entourées de plus de précautions oratoires.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quel que soit le contexte, la sociologie considère les rumeurs comme un élément à part entière de la pratique journalistique et des stratégies de combat politique (Aldrin).</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>La rareté de l’information, terreau des rumeurs</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le contenu d’une rumeur ne peut être isolé de son contexte. Dans chaque contexte social ou dans tous les types de liens sociaux, il y a une part visible et une part invisible de l’activité sociale. Lorsque la part invisible est plus importante que la part visible, l’information dans ce champ devient rare et sensible. Il en résulte un niveau de tension qui entoure l’accès à l’information elle-même. Le secret prend alors une place sociale importante et l’imagination sociale se libère, d’autant que la rareté crée la valeur. Un tel terrain est fertile pour la rumeur, instrumentalisée ou non, qui organise toute une économie de l’information.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La rumeur se veut également une alternative à l’absence de vérité officielle. Une rumeur survit tant que les institutions qui produisent la vérité ou l’exactitude de l’information (média, justice, recherche, lieux de pensée critique) ne sont plus capables de faire leur travail ou ne parviennent pas à démentir la rumeur, soit parce que la force les en empêche, soit parce que le secret empêche de révéler la vraie nature des choses et des faits en cause. Il permet de pallier à un déficit des sources d’information habituelles.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Conclusion</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous résumons l’essentiel du développement de cet exposé par ce que Marc Bloch disait sur la rumeur dans les tranchées de la guerre 14-18 : « Une fausse nouvelle naît toujours de représentations collectives qui préexistent à sa naissance. Elle n’est fortuite qu’en apparence ou précisément tout ce qu’il y a de fortuit en elle, c’est l’incident initial absolument quelconque qui déclenche le travail des imaginations. Mais cette mise en branle n’a lieu que parce que les imaginations sont déjà préparées et fermentent sourdement. Un événement ou une mauvaise perception qui n’irait pas dans le sens où penchent les esprits de tous pourrait tout au plus former l’origine d’une erreur individuelle mais non pas d’une fausse nouvelle populaire largement répandue. La fausse nouvelle est le miroir où la conscience collective contemple ses propres traits ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">La rumeur, finalement, c’est quoi ? On peut le comprendre sous une forme métaphorique. La rumeur est assimilable à la situation dans laquelle <em>un seul chien se met à aboyer à une ombre et que dix mille autres chiens en font une réalité.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Les Vendredis du CERAP, 17 février 2006</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">* * * * * * * * * * * * * *</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Bibliographie</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">&#8211; <em>Aldrin, Philippe</em>, 2005, Sociologie politique des rumeurs, PUF, coll. « Sociologie d’aujourd’hui », Paris, 289</p>



<p class="wp-block-paragraph">pages.</p>



<p class="wp-block-paragraph">&#8211; <em>Françoise REUMAUX (dir.), </em>1999. Les oies du Capitole, ou les raisons de la rumeur. Paris : CNRS Éditions,</p>



<p class="wp-block-paragraph">coll. « CNRS communication », 225 pages.</p>



<p class="wp-block-paragraph">&#8211; <em>Françoise REUMAUX</em>, 1994, Toute la ville en parle. Esquisse d&#8217;une théorie des rumeurs. Paris, L&#8217;harmattan,</p>



<p class="wp-block-paragraph">205 p., <em>bibl. (« Logiques sociales »).</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>&#8211; Françoise REUMAUX</em>, 1996, La veuve noire. Message et transmission de la rumeur. Paris, Méridiens</p>



<p class="wp-block-paragraph">Klincksieck, 188 p., bibl., index, ill. (« Sociétés »).</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>Promotion de l&#8217;éthique: La Côte d&#8217;Ivoire a organisé le premier atelier d&#8217;experts en enseignement de l&#8217;Ethique</title>
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		<pubDate>Wed, 18 Dec 2024 18:06:00 +0000</pubDate>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">L’UNESCO, avec le parrainage du Chef de l’Etat, Laurent Gbagbo, président de la République de Côte d’Ivoire,&nbsp; a organisé en partenariat avec l’Université de Bouaké, le Comité Consultatif National de Bioéthique, du 3 au 5 décembre 2008, à l’Hôtel Ivoire à Cocody, le premier atelier d’experts en enseignement de l’éthique. A l’ouverture de cet atelier, le représentant du Président de la République de Côte d’Ivoire, le professeur Voho Sahi, conseiller spécial du chef de l’Etat, a salué cette initiative. Il a noté l’engagement du président Laurent Gbagbo pour la réflexion en faveur de l’éthique. Le ministre ivoirien de l’éducation nationale, Gilbert Bleu-Lainé à, en plus de sa qualité de président de la Commission nationale de l’UNESCO exprimé sa gratitude au directeur général de l’Unesco représenté par le Professeur Henk ten Have, directeur de la division de l’Ethique des sciences et des technologies, secteur des sciences sociales et humaines. Il a souhaité que cet atelier contribue entre autres, à améliorer significativement l’image du porteur du savoir et à renforcer la dimension humaniste, compétitive et transformatrice du savoir enseigné dans les écoles. Quand au président de l’Université de Bouaké, le professeur Komenan Aka Landry, il a félicité les organisateurs de cet atelier, notamment, les professeurs Henk ten Have, Christophe Dikénou du bureau régional de l’UNESCO à Dakar, coordonnateur général de l’atelier, Mathieu Lou Bamba, secrétaire général de la commission nationale de l’UNESCO et Lazare Marcelin Poamé, président du comité consultatif national de Bioéthique et doyen de l’UFR des Lettres et Sciences Humaines de l’Université de Bouaké. Prenant à son tour la parole, le&nbsp; secrétaire général de la commission nationale de l’UNESCO, le professeur Mathieu Lou Bamba a expliqué que cet atelier qui sur l&#8217;enseignement de l&#8217;éthique, donne l&#8217;occasion de réfléchir sur les implications de l&#8217;activité de l&#8217;homme sur sa vie et sur son environnement. La promotion de l&#8217;éthique a-t-il expliqué, est en fait la tentative de répondre à des préoccupations multidimensionnelles posées par le progrès des sciences et des technologies, entre autres, dans le domaine médical, sur la vie et l&#8217;environnement de l&#8217;homme. Le professeur Mathieu Lou Bamba, pour mieux expliquer les enjeux de l’éthique s’est interrogé en ces termes&nbsp;: Comment donc éviter que les sciences deviennent inhumaines, qu&#8217;elles se retournent contre l&#8217;homme, qu&#8217;elles sacrifient l&#8217;humain? Mais où est le bonheur de l&#8217;homme? Quel est son épanouissement? Ou bien encore tout simplement, comme s&#8217;interrogeait le vieux philosophe de Koenesberg, Emmanuel Kant: Qu&#8217;est-ce que l&#8217;homme? C&#8217;est ici, a-t-il souligné qu&#8217;intervient l&#8217;éthique comme attitude profondément philosophique, pour inviter les scientifiques à redimensionner et à réinterroger leur discipline sur ses buts et: projets pour l&#8217;homme. Que vaut, en effet, une science qui conduit à la ruine de l&#8217;homme? Ayant compris cela très tôt, l&#8217;Organisation des Nations Unies pour l&#8217;Éducation, la Science et la Culture (UNESCO), à travers sa Division des sciences et des technologies, accorde la priorité à l&#8217;éthique des sciences et des technologies. Cette Division, dont a salué la présence des hauts dirigeants, a notamment pour vocation d&#8217;apporter soutien aux États membres de l&#8217;UNESCO désireux de développer des activités dans le champ de l&#8217;éthique des sciences telles que le développement de programmes d&#8217;enseignement de l&#8217;éthique, des réglementations et des lois, et la création de comités nationaux d&#8217;éthique.&nbsp; Ainsi, pendant trois jours, les experts venus du Bénin, Burkina Faso, Guinée Conakry, Mali, Niger, Sénégal, Togo ont pu réfléchir sur&nbsp;:</p>



<p class="wp-block-paragraph">‘’Programme d’Education en Ethique de l’UNESCO’’ par le Professeur Henk ten HAVE, Directeur de la Division de l’Ethique des Sciences et des Technologies, Secteur des Sciences Sociales et Humaines, UNESCO, PARIS. ‘’Rôles des spécialistes en éthique dans le renforcement des capacités en éthique en Afrique’’ par le Professeur Christophe DIKENOU, Unité des Sciences Sociales et Humaines, Bureau de l’UNESCO, Dakar.</p>



<p class="wp-block-paragraph">‘’Le programme de Master en Ethique et Bioéthique en Côte d’Ivoire’’ par le Professeur Lazare POAME.</p>



<p class="wp-block-paragraph">‘’Le programme de Diplôme d’Etudes Approfondies (DEA) en Droit de la santé’’ par le Professeur Mamadou BADJI.</p>



<p class="wp-block-paragraph">‘’L’enseignement de l’Ethique au Bénin’’ par le Professeur Clément PADONOU, Dr.Vincent AYENA.</p>



<p class="wp-block-paragraph">‘’L’enseignement de l’éthique au Burkina Faso’’ par le Professeur Jacques SIMPORE.</p>



<p class="wp-block-paragraph">‘’L’enseignement de l’éthique en Guinée’’ par le Professeur Assane BAH, Dr Ibrahima El Hadj FALL.</p>



<p class="wp-block-paragraph">‘’L’enseignement de l’éthique au Mali’’ par Dr Samba DIOP.</p>



<p class="wp-block-paragraph">‘’L’enseignement de l’éthique au Togo’’ par le Professeur Koffi GNAMEY, Dr.Komi KOUVON.</p>



<p class="wp-block-paragraph">‘’L’enseignement de l’éthique en Côte d’Ivoire’’ par le Professeur EHUA, Dr.TAHIRI, Professeur POAME, Professeur AKINDES.</p>



<p class="wp-block-paragraph">‘’L’enseignement de l’éthique au Sénégal’’ par les professeurs Aminata CISSE DIAW, Mamadou Lamine SOW.</p>



<p class="wp-block-paragraph">‘’L’enseignement de l’éthique au Niger’’ par le Dr. Malam Abdou BADE, Dr.Abdoulhadi HAMIT.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au terme de ces trois jours de réflexions des recommandations et motions de remerciements ont été présentés.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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