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		<title>Hello world!</title>
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		<pubDate>Thu, 29 Jan 2026 11:31:36 +0000</pubDate>
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		<title>Réinventer la démocratie ivoirienne à la lumière des réflexions de Francis Akindès</title>
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		<pubDate>Wed, 18 Dec 2024 18:06:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[À l’approche des élections présidentielles d’octobre 2025, la Côte d’Ivoire traverse une période de tensions politiques, exacerbée par la radiation de plusieurs figures majeures de l’opposition. Cette situation met en évidence les fragilités structurelles du processus démocratique ivoirien, analysées dès 2013 par le Professeur des Universités Francis Akindès. Ses travaux offrent des clés de lecture [&#8230;]]]></description>
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<p class="wp-block-paragraph">À l’approche des élections présidentielles d’octobre 2025, la Côte d’Ivoire traverse une période de tensions politiques, exacerbée par la radiation de plusieurs figures majeures de l’opposition. Cette situation met en évidence les fragilités structurelles du processus démocratique ivoirien, analysées dès 2013 par le Professeur des Universités <a><strong>Francis Akindès</strong></a>. Ses travaux offrent des clés de lecture précieuses pour comprendre ces crises et identifier des solutions durables. Le 17 octobre 2013, il a présenté sa conférence <em>Vues d’Afrique : sciences, politique et démocratie</em> au <strong>Collège de France</strong><strong>,</strong> lors du colloque de rentrée <em>Science et démocratie</em>. Cet événement a réuni plusieurs experts pour explorer<strong>les interactions entre la science et la gouvernance démocratique</strong><strong>,</strong> notamment dans les pays du Sud.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’un des constats majeurs de Francis Akindès est que la démocratie en Afrique est fragilisée par une conception patrimoniale de l’État, où l’accès au pouvoir devient une lutte pour le contrôle des ressources publiques, plutôt qu’un engagement en faveur du bien commun. Il souligne que « l’État fascine, car il est vu comme un lieu exceptionnel de concentration d’extraordinaires pouvoirs ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un exemple frappant est la crise post-électorale de 2010-2011 en Côte d’Ivoire, où la contestation des résultats a conduit à un conflit armé. Pour stabiliser la démocratie, Francis Akindès préconise la mise en place de mécanismes rigoureux de transparence électorale. La création d’une commission électorale véritablement indépendante, en rupture avec les influences partisanes, permettrait d&#8217;assurer des élections crédibles. De plus, l&#8217;observation internationale et l&#8217;accès libre aux données électorales doivent être renforcés afin de restaurer la confiance des citoyens.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au-delà du cadre institutionnel, Francis Akindès insiste sur la nécessité de renforcer les espaces de débat citoyen. Il explique que « la prise de parole s&#8217;organise désormais à travers des lieux de débats spontanés et à ciel ouvert », mettant en avant l’importance des discussions publiques pour approfondir l’engagement politique des citoyens.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans le contexte actuel, où la méfiance envers les institutions est forte, il est essentiel d’encourager des initiatives de dialogue entre les acteurs politiques et la société civile. Les plateformes numériques et les forums publics doivent être utilisés pour structurer des échanges constructifs et prévenir les conflits post-électoraux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Enfin, Akindès souligne que la représentation culturelle de l’État doit évoluer. Il critique la logique selon laquelle « un État, ça se vole et ça se mange », qui encourage le clientélisme et la manipulation des électeurs par des promesses opportunistes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour une gouvernance plus transparente, la Côte d&#8217;Ivoire doit promouvoir une reddition des comptes systématiques, où les élus ou gestionnaires des deniers de l’Etat, doivent justifier leurs actions et engagements auprès de la population. La lutte contre la corruption et la mise en place de mécanismes de contrôle citoyen sont essentielles pour instaurer un modèle politique plus équitable.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les réflexions de Francis Akindès, bien qu’énoncées en 2013, résonnent aujourd’hui avec une acuité frappante. La Côte d’Ivoire peut s’en inspirer pour réinventer son modèle démocratique, en renforçant la viabilité des institutions, en renforçant le dialogue citoyen et en redéfinissant la gouvernance comme un service au peuple plutôt qu’une opportunité de contrôle des ressources. À quelques semaines du scrutin, cette transformation apparaît non seulement nécessaire, mais urgente.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sociologue de renom, Francis Akindès est P<strong>rofesseur à l’Université Alassane Ouattara de Bouaké</strong>et <strong>directeur des programmes de la Chaire UNESCO de Bioéthique</strong><strong>. </strong>Il s’est distingué par ses recherches sur <strong>les transitions démocratiques, les violences politiques et les défis institutionnels en Afrique</strong><strong>.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Réinventer la démocratie ivoirienne : Entre réflexion académique et réalité politique</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">À l’approche des élections présidentielles d’octobre 2025, la Côte d&#8217;Ivoire se trouve plongée dans une turbulence politique exacerbée, où les tensions entre le pouvoir en place et l&#8217;opposition s&#8217;intensifient. Cette situation, marquée par la radiation de figures majeures de l&#8217;opposition, met en lumière les fragilités structurelles du système démocratique ivoirien. Un éclairage précieux sur cette dynamique a été apporté par les réflexions du Professeur Francis Akindès, un sociologue reconnu, dont les travaux sur la démocratie en Afrique, bien qu’entamés en 2013, restent d&#8217;une actualité brûlante.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans sa conférence intitulée &#8220;Vues d&#8217;Afrique : sciences, politique et démocratie&#8221; présentée au Collège de France en octobre 2013, Francis Akindès avait déjà souligné les fragilités inhérentes à la démocratie ivoirienne. Selon lui, cette démocratie est gangrenée par une conception patrimoniale de l’État, où l&#8217;accès au pouvoir devient une lutte pour le contrôle des ressources publiques plutôt qu’un engagement en faveur du bien commun. Il critique l&#8217;approche selon laquelle l’État est perçu comme un lieu de concentration des pouvoirs, un concept qui facilite la corruption, le clientélisme et l&#8217;instrumentalisation des institutions pour des fins partisanes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cet état de fait se traduit par une gestion des élections profondément affectée par des pratiques de manipulation juridique et politique. À cet égard, la crise post-électorale de 2010-2011, qui a plongé la Côte d’Ivoire dans un conflit armé, illustre de manière tragique les conséquences de l’absence de mécanismes transparents et impartiaux de gestion électorale. Pour Akindès, la mise en place de commissions électorales véritablement indépendantes et la transparence totale dans la gestion des données électorales sont des prérequis pour restaurer la confiance des citoyens dans le processus démocratique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans le contexte actuel, ces analyses prennent tout leur sens. À l’heure où les tensions politiques sont à leur paroxysme, la question de la légitimité des élections se pose avec force. L’actualité politique, marqué par la &#8220;guerre électorale&#8221; et les manœuvres qui voient certains leaders de l’opposition éliminés de la compétition, résonne comme une confirmation des inquiétudes formulées par Akindès. L’extension de ces &#8220;manœuvres de contrôle&#8221;, illustrées par les exclusions de <strong>Tidjane Thiam et de Charles Blé Goudé</strong> de la liste électorale, montre la dure réalité d’un pouvoir qui s’accroche par tous les moyens à sa domination, et qui utilise des stratégies de marginalisation pour neutraliser l’opposition. Le pouvoir actuel semble avoir mis en œuvre un véritable jeu d’échec politique où l’élimination des adversaires est une priorité, et où les promesses d’un processus démocratique apaisé ne sont que des slogans vides de sens.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À la lumière de ces événements, il est crucial de repenser les principes de gouvernance démocratique en Côte d&#8217;Ivoire. Akindès insiste sur l&#8217;importance des espaces de débat citoyen. Dans une société où la méfiance envers les institutions politiques est croissante, il devient impératif de promouvoir la culture politique fondée sur le débat et l’inclusion. La démocratie ne doit pas se réduire à un simple processus électoral où des élites se disputent le pouvoir, mais elle doit offrir un cadre où chaque citoyen peut participer activement à la construction de la société. Les plateformes numériques et les forums publics doivent jouer un rôle central dans cette révision du paysage démocratique ivoirien, en permettant un dialogue direct entre les citoyens, la société civile et les acteurs politiques. Ce dialogue, structuré et respectueux, est une condition sine qua non pour éviter les dérives autoritaires et construire une démocratie véritablement inclusive.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans cette optique, la promotion d’une culture politique axée sur l&#8217;inclusion et le débat devrait être au cœur des réformes à entreprendre. Les partis politiques, les institutions de régulation électorale, ainsi que la société civile, doivent œuvrer ensemble pour créer un environnement où la diversité des opinions est respectée, et où les divergences sont abordées dans un esprit constructif. La suppression des pratiques de clientélisme et la remise en question de la logique de manipulation électorale sont des étapes incontournables pour rétablir la légitimité des élections et restaurer la confiance des citoyens dans leurs institutions.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ainsi, pour réinventer la démocratie ivoirienne, il ne suffit pas de repenser les mécanismes institutionnels. Il est également nécessaire de promouvoir un espace politique où les débats sont ouverts, inclusifs et respectueux. Un tel environnement contribuera non seulement à apaiser les tensions actuelles, mais aussi à jeter les bases d’une démocratie plus robuste, capable de relever les défis politiques et sociaux du pays dans les années à venir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En conclusion, les réflexions de Francis Akindès, combinées aux réalités politiques actuelles, offrent une feuille de route claire pour réinventer la démocratie en Côte d&#8217;Ivoire. Il est impératif d’agir rapidement pour redéfinir la gouvernance, restaurer la confiance dans le processus électoral et promouvoir une culture politique fondée sur le débat et l&#8217;inclusion. Cela ne constitue pas seulement un impératif moral, mais également un besoin urgent pour garantir la stabilité et le progrès de la nation.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>Côte d’Ivoire : La justice libère, la réconciliation enchaîne !</title>
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		<pubDate>Wed, 18 Dec 2024 18:06:00 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[Professeur]]></category>
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					<description><![CDATA[Que peut signifier aujourd’hui, en Côte d’Ivoire, cette formule paradoxale : la justice libère, la réconciliation enchaîne ? Dans ce texte audacieux et puissamment argumenté, le philosophe Yao-Edmond K. nous entraîne dans les méandres du droit et de la politique pour interroger les rouages profonds de la justice et les impasses parfois tragiques de la [&#8230;]]]></description>
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<p class="wp-block-paragraph">Que peut signifier aujourd’hui, en Côte d’Ivoire, cette formule paradoxale : <em>la justice libère, la réconciliation enchaîne</em> ? Dans ce texte audacieux et puissamment argumenté, le philosophe Yao-Edmond K. nous entraîne dans les méandres du droit et de la politique pour interroger les rouages profonds de la justice et les impasses parfois tragiques de la réconciliation nationale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À travers une écriture incisive et des références savantes, l’auteur met en lumière le génie rationnel du juge, capable de créer du droit là où les principes manquent, et confronte cette maîtrise à la complexité émotionnelle, morale et presque mystique de la réconciliation. De Beccaria à Faguet, de Dibi Augustin à André Lalande, le texte propose un itinéraire exigeant mais salutaire, qui éclaire avec force les enjeux de la paix, du pardon, et de l’épreuve collective.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Un texte à lire pour quiconque souhaite comprendre les tensions entre loi et lien, entre indépendance judiciaire et quête de l’unité, entre vérité procédurale et souffrance mémorielle. Une réflexion majeure pour penser l’après-conflit avec lucidité et hauteur.</em></p>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph"><strong>Côte d’Ivoire : La justice libère, la réconciliation enchaîne !</strong></p>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph"><strong>M. Yao-Edmond K., Maître de conférences</strong></p>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph"><strong>Philosophie politique et sociale / Philosophie du droit</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Ligne d’argumentation&nbsp;<strong>: </strong>Des prisonniers de tout acabit libérés&nbsp;: prouesse de la justice pour les uns, faiblesse de la réconciliation pour les autres. Notre ligne d’argumentation dévoilera ceci&nbsp;: la justice libère alors que la réconciliation enchaîne&nbsp;; la première est une opération de marque «&nbsp;scientifique&nbsp;», et la seconde une action politique fortement marquée masquée qui rappelle le repas des sorciers<strong>.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Propos liminaires</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Des prisonniers de tout acabit libérés&nbsp;: prouesse de la justice pour les uns, faiblesse de la réconciliation pour les autres&nbsp;! Ces deux hypothèses constituent des béquilles suffisamment solides pour disserter sur la facilité de juger et la difficulté de réconcilier.</p>



<ol style="list-style-type:upper-roman" class="wp-block-list">
<li><strong>La justice libère</strong></li>
</ol>



<p class="wp-block-paragraph">Juger, c’est soumettre au principe un cas particulier. Toutefois, il peut arriver&nbsp; que les principes n’existent pas, qu’ils soient mal connus, qu’ils soient en cours de production ou en cause à l’assemblée (nationale). Face à ces hypothèses, le cas particulier devient pièce à imagination et création dans la langue du droit du juge rationnel dont le génie protecteur cesse, dans les termes de Cesare Beccaria (<em>Des délits et des peines,</em> traduction Chevallier, Maurice, Paris, Flammarion Le monde, 2010, p.72.) d’être la science du droit.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon Beccaria&nbsp;: «&nbsp;Là où les lois sont claires et précises, l’office du juge ne consiste qu’à préciser les faits. Si la recherche des preuves&nbsp; d’un délit exige de l’habileté et de l’adresse, si, pour présenter le résultat&nbsp; de ces recherches, il faut de la clarté et de la précision, il suffit pour juger d’après ce résultat, d’un simple et&nbsp; ordinaire bon sens, moins trompeur que le savoir&nbsp; d’un juge habitué à chercher&nbsp; à toute force des coupables et qui ramène&nbsp; tout à un système factice emprunté à ses études. Heureuse la nation où les lois ne seraient pas une science&nbsp;!&nbsp;».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette ultime attente s’entend de la nécessité de connaître des cas certes concurremment aux lois, mais aussi indépendamment des lois qui n’existent pas toujours là où elles sont attendues. Il s’ensuit que le juge, face à des expériences non couvertes par les principes et lois en vigueur, n’a pas à abandonner son office. Face à ces expériences incommensurables, le juge pourrait-il se garder de connaître du cas tout en faisant croire que l’instruction suit son cours&nbsp;?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette interrogation pourrait trouver sa réponse dans les termes bien choisis de l’académicien Emile Faguet plaidant, en contexte français de la première moitié du XXème siècle, pour une magistrature forte, indépendante et austère dans son ouvrage <em>…Et l’horreur des responsabilités (Suite au Culte de l’Incompétence), </em>(Paris, Bernard Grasset, 1914, p.196)&nbsp;:</p>



<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;…la magistrature serait excellente si elle voulait l’être. Il lui suffirait d’avoir, mais collectivement, mais tout entière ou presque tout entière, le sentiment de sa responsabilité, qui est immense, le sentiment qu’elle n’est rien de moins que la clef de voûte&nbsp; d’un pays libre&nbsp;; que le citoyen ne sera libre, c’est-à-dire utile, que s’il sent que son bon droit sera reconnu et sera soutenu contre le pouvoir central par un pouvoir parfaitement indépendant et impartial. Une magistrature qui serait pénétrée &nbsp;de cette idée s’assurerait son indépendance en la prenant, en l’affirmant, en l’exerçant. Quelque avide que puisse être le gouvernement de toute autorité et de toute omnipotence, il ne pourrait pas «&nbsp;épurer&nbsp;» la magistrature tous les six mois et il faudrait bien qu’il subît une magistrature indépendante, impartiale et austère. Les bonnes institutions&nbsp; sont une chose excellente&nbsp;; mais on rend bonnes, dans la pratique, même les mauvaises par la manière&nbsp; dont on en use&nbsp;».</p>



<p class="wp-block-paragraph">De ces propos bien à propos en contexte ivoirien, l’on peut reteir, par ailleurs, que rendre jugement qui n’est pas forcément rendre justice, est si aisé que le justiciable reste celui qui est censé ne pas ignorer les lois qu’il ignore bien pourtant. Et, bien avisé celui qui peut dire combien de compilations de lois et de procédures sont aujourd’hui tombées en quasi-désuétude parce que ne trouvant guère de cas pour enclencher l’opération&nbsp; de subsomption&nbsp;!</p>



<ol start="2" style="list-style-type:upper-roman" class="wp-block-list">
<li><strong>La réconciliation enchaîne</strong></li>
</ol>



<p class="wp-block-paragraph">Alors que la justice (l’appareil judiciaire, la magistrature) n’a pas plus à trouver qu’à prouver ses marques de vérité et de crédibilité, le processus de réconciliation doit chercher et trouver ses prémisses et repères qui pourraient avoir des traits communs avec la pensée dibienne (Dibi Augustin, <em>L’Afrique et son autre&nbsp;: la différence libérée</em>, Abidjan, Strateca diffusion, 1994, pp. 74-75), de la quête de l’Universel, piégée par le désaccord et le différent (différend)&nbsp;:</p>



<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;Deux personnes qui ne s’entendent pas et qui ne peuvent pas se supporter une seule seconde d’être assises à la même table, n’ont-elles pas secrètement quelque chose qui les relie, le point précisément de leur désaccord&nbsp;? Que, dans un sursaut, une des personnes décide d’oublier ce point de désaccord, alors l’autre, si elle ne fait pas la même opération, tournera indéfiniment sur elle-même et commencera par s’ennuyer, parce qu’elle n’a plus en face de soi quelqu’un à qui s’opposer, et qu’il lui faudra désormais dans son entêtement supporter le poids&nbsp; de l’indifférence jusqu’au dégoût d’elle-même&nbsp;! La différence est ainsi essentiellement un acte&nbsp;: celui de se différencier, et de se différencier précisément à partir d’une unité que l’on ne saurait&nbsp; renier sous peine&nbsp; de s’éteindre&nbsp; dans la rigidité&nbsp; sans vitalité d’un contenu extérieur&nbsp;».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le sens de l’accord, par extension, de la réconciliation, est de se retrouver soi-même. Pareille approche de la réconciliation, au-delà de sa tonalité hégélienne, permet de traiter de l’altérité en tant que rencontre attendue et souhaitée de l’autre, de l’étranger, de la différence qui y trouvera de quoi se libérer au sens de retrouver la liberté (objective). Cette différence là ne fait pas trembler de peur, mais au contraire, est moment sublime de célébration de la valeur supérieure de l’homme. Sous le signe de l’unité retrouvée, ce processus ainsi décrit comme celui de la réconciliation fait pièce, cependant, avec la souffrance de l’accouchement conceptuel. C’est dire que la condition de possibilité (kantienne) de la joie d’être réconciliés (souvenons de ce que dit Dibi Augustin des ‘’ deux personnes qui ne s’entendent pas et qui ne peuvent pas se supporter une seule seconde d’être assises à la même table&nbsp;‘’&nbsp;!) appartient entièrement à l’ordre de l’épreuve des chaînes. La réconciliation peut bénéficier de toutes les dérogations rectificatrices qui vont jusque aux coups de pouces des juges, mais en tant qu’épreuve des chaînes et des enchainements conceptuels pour asseoir et fonder en raison sa crédibilité, elle ne peut faire l’économie de ces supra-valeurs superbement étudiées par André Lalande (<em>La raison et les normes</em>, Paris, Hachette, 1948, pp.193-194)&nbsp;:</p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;«&nbsp;Si cela est vrai, nous n’avons pas de peine à comprendre la sympathie, l’enthousiasme que provoquent le sacrifice, l’héroïsme, même inutile, le dévouement, même mal compris. C’est qu’ils se lancent les yeux fermés&nbsp; dans le sens opposé à celui de l’égocentrisme, qu’ils témoignent d’un absolu mépris&nbsp; pour la tendance à se nourrir&nbsp; de la substance&nbsp; des autres, à tâcher toujours d’ajouter quelque chose de plus à ses possessions et à son pouvoir individuel. Ils sont une manifestation éclatante de cet effort pour renoncer à tout ramener à soi, dont les petites&nbsp; règles&nbsp; morales&nbsp; de la vie courante quelque respectables qu’elles soient, ne sont que la menue monnaie. On le voit, il en est de même des valeurs supra-normales du bien que de l’invention scientifique, qui par un acte de foi, saute hardiment à l’intelligibilité&nbsp; à laquelle&nbsp; elle croit, malgré toutes les diversités inexplicables que l’expérience nous impose. (…) Les valeurs supra-normales ne sont que des réactions intenses&nbsp; et exceptionnelles en face des réalités hostiles, inhumaines,&nbsp; contre lesquelles les normes courantes&nbsp; de la justice, de l’art, de la science nous apprennent à nous défendre avec patience et avec méthode dans le détail de la vie quotidienne&nbsp;».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le détail de la vie quotidienne mérite attention et interprétation cohérente et conséquente, surtout lorsque ce qui ne relève pas du détail insidieusement le devient&nbsp;: tuer, emprisonner, libérer, (re)tuer, (re)-emprisonner, (re) libérer, etc.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><u>Pour conclure</u></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La formule ‘’la justice libère alors que la réconciliation enchaîne’’ pourrait faire corps avec le repas des sorciers décrit par Yacouba Konaté («&nbsp;Fondations de l’Etat ivoirien&nbsp;» in <em>Eléments pour une théorie de la nation</em>, Paris, Seuil, 1985, p.177). «&nbsp;La vie y dérive du corps de l’autre, mais cette dérivation, fait remarquer Konaté, introduit des mécanismes qui s’écartent de l’unité du corps du sacrifice, le fragmentent puis le vident de sa substance&nbsp;». Sont-ce des mécanismes similaires qui sont à l’œuvre dans les processus visés&nbsp;? Faisons l’hypothèse qu’il n’en est rien&nbsp;!</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>Conférence publique sur le thème : il parait que &#8230; les gens disent que&#8230; Sociologie de la rumeur</title>
		<link>https://perfection-ivoirienne.net/2024/12/18/conference-publique-sur-le-theme-il-parait-que-les-gens-disent-que-sociologie-de-la-rumeur/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 18 Dec 2024 18:06:00 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[Akindes]]></category>
		<category><![CDATA[Professeur]]></category>
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					<description><![CDATA[Par Professeur Francis AKINDES Sociologue, Enseignant &#8211; Chercheur Université de Bouaké Introduction La rumeur du chien. En avril 1992, des événements ahurissants surviennent à Conakry, capitale de la République de Guinée (Afrique de l’ouest). Une population en furie rase la villa d’un “Blanc” ; des tracts pornographiques se mettent à circuler de main en main; [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Par Professeur Francis AKINDES </strong><strong><em>Sociologue, Enseignant &#8211; Chercheur</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Université de Bouaké</em></strong><strong></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Introduction</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>La rumeur du chien</em></strong><strong>.</strong> En avril 1992, des événements ahurissants surviennent à Conakry, capitale de la République de Guinée (Afrique de l’ouest). Une population en furie rase la villa d’un “Blanc” ; des tracts pornographiques se mettent à circuler de main en main; des explosions émeutières secouent la ville. Les médias d’État s’en saisissent, citant noms des protagonistes et lieux, les téléscripteurs de l’AFP se mettent à crépiter…</p>



<p class="wp-block-paragraph">Des Guinéens ont manifesté dans le quartier de Madina, le plus peuplé de Conakry, brutalisant les jeunes femmes portant un pantalon ou une minijupe. À l’origine de ces violences, l’arrestation, la veille, d’un ressortissant espagnol qui aurait tourné secrètement des films pornographiques à son domicile. Les habitants du quartier ont failli le lyncher et s’en sont pris ensuite aux automobilistes européens de passage dans le quartier,</p>



<p class="wp-block-paragraph">qu’ils ont molestés. Le ministre de l’Intérieur a présenté ses excuses aux Européens victimes, ou menacés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’enquête de police aurait révélé que l’affaire n’était en réalité qu’une “pure machination dénuée de tout fondement”.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’agitation diminue enfin après l’intervention télévisée du Ministre de l’Intérieur puis du Chef de l’État lui-même. On relève cependant un mort au moins, des dizaines de blessés, et on parle de 45 arrestations diverses. Et puis, contre vents et marées, les langues continuent de fredonner le refrain de la rumeur…</p>



<p class="wp-block-paragraph">Que raconte-t-elle, au fait ? Une jeune Conakryka expose ce qu’elle a entendu « pour la première fois au domicile de [son] oncle ». Un mobile d’argent était à la base de cette affaire, dit-on. Trois filles, une Soussoue, une Peulhe et une Malinké, s’étaient laissées entraîner dans une villa d’un Européen à Hamdallaye pour se livrer à une vie de débauche en contrepartie de quelques poignées de dollars. Un cameraman était placé dans un coin de la chambre pour filmer les actions… de l’accouplement du chien aux filles. Ces films devaient servir par la</p>



<p class="wp-block-paragraph">suite à une commercialisation en Europe.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>« Un enfant serpent sous le pont Baskuy » (Fasonet du 16 Janvier 2006)</em></strong>. Le pont « Baskuy » sur l’Avenue du Yatenga a été subitement envahi, vendredi 6 janvier 2006, dans la matinée par les usagers et le voisinage. Il a fallu recourir aux Forces de l’ordre pour disperser la foule et dégager la voie. Des témoins</p>



<p class="wp-block-paragraph">affirment avoir vu un homme descendre d’un véhicule cossu (grosse Mercedes noire) avec un enfant à moitié serpent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le monsieur l’aurait déposé sur le pont. Et aussitôt, le « bonbandé » (être mysterieux) aurait disparu sous le pont. D’autres sources soutiennent le contraire. Selon elles, l’homme de la grosse cylindrée aurait déposé un</p>



<p class="wp-block-paragraph">sacrifice dont on ignore la nature, sur le pont « Baskuy » . Aussi, un enfant d’un groupe de trois gamins aurait</p>



<p class="wp-block-paragraph">été attiré par l’offrande et la ramassa. C’est ainsi qu’il se transforma en « bonbandé », un enfant serpent, à la grande stupéfaction de ses camarades. De bouche à oreille, la nouvelle traversa les environs et personne ne voulut se laisser raconter le mystère du pont « Baskuy ». Deux marabouts auraient été sollicités pour redonner à l’enfant sa forme humaine.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le premier ne réussit pas le miracle. Le second serait arrivé seulement à reconstituer la tête du gamin avant de demander à continuer la métamorphose chez lui à la maison. Il aurait indiqué qu’il lui est possible de retourner le même sort à l’auteur du sacrifice. Le marabout prodige aurait soutenu que l’homme devrait revenir rechercher le résultat de son offrande.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Toujours est-il que cette histoire rocambolesque vient rappeler une autre qui se serait déjà produite à Koudougou, il y a quelques années.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>« Pour se venger d’elle &#8211; Une écolière sorcière bouche les trompes de sa mère » </em></strong>titre <em>Soir Info </em>du 10 octobre 2005 : « Les sorciers ont vraiment une conception bizarre des choses note l’auteur de l’article. Si ce n’est pas le géniteur qui trouve bon de faire de la chair de sa progéniture son festin, ce sont carrément des</p>



<p class="wp-block-paragraph">enfants qui font des misères à leurs propres parents ». C’est l’histoire d’une gamine rompue aux rouages de la sorcellerie et qui en a fait voir de toutes les couleurs à sa propre mère. Les faits remontent au mois de septembre dernier. La mère de la petite Edwige, est constamment malade.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>L’idée de société à l’ère de la modernité</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La pauvre souffre d’insoutenables maux de ventre. Devenue désormais grabataire, elle est abonnée aux incessants tours dans les hôpitaux. Mais rien n’y fit. En dépit des sous qu’elle injecte dans les soins de santé, son mal persiste. Loin pourtant d’atteindre la ménopause, elle ne peut plus contracter de grossesse. Selon le diagnostic des médecins, ses trompes sont bouchées. Tout comme son appendice qui renferme une énorme boule dont la nature est difficile à cerner. Sa fille aurait fait usage de son pouvoir maléfique pour introduire dans l’appendice de sa mère, une boule de sable recueillie sur l’aire de jeux diabolique de sa confrérie. Et d’autres boules de sable, carrément dans les trompes de sa génitrice au point de les boucher. Ceci a pour conséquence d’empêcher sa mère de connaître la joie d’une autre maternité. C’est sa façon de prendre sa revanche contre sa mère qui n’aurait de cesse de la battre. La voir donc souffrir est un énorme plaisir dont elle se délecterait. Fort heureusement, le sinistre pouvoir occulte de cette petite fille aurait été anéanti par une voyante qui usa de son savoir pour guérir la femme malade.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans les capitales africaines et presque à intervalle régulière de deux ans, les populations vivent sous le charme de la rocambolesque histoire de vol de sexe dont l’auteur est presque toujours un ressortant d’une communauté trangère.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Au titre des rumeurs, des faits divers côtoient des faits aux relents politiques plus prononcés</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Vers la fin des années 1990, en Côte d’Ivoire, au plus fort des crises sociopolitiques liées à la transition politique, les étudiants de la cité universitaire de Port-Bouët affirment avoir lu sur les sacs de riz à eux destinés, stockés dans la réserve du restaurant universitaire, la mention suivante : « Only for dog ». Ils n’ont jamais pourtant fourni les preuves de leur allégation.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>L’universalité de la rumeur est un fait.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">En Europe, a circulé également vers la fin des années 1980 l’histoire de la banane empoisonnée qui aurait tué une petite fille jamais identifiée. Cette histoire ressemble bien à celle des araignées qu’on aurait retrouvées dans les régimes de banane.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En France, plus particulièrement, les inhumations clandestines de chinois dans le 13ème arrondissement à Paris passaient pour être une vérité que jamais rien n’a validée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En 1981, à la victoire de la Gauche, a circulé le bruit de chars soviétiques qui s’apprêtaient à entrer dans la capitale française ainsi que la menace prochaine d’achat de la baguette de pain en rouble (monnaie russe).</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Qu’est que la rumeur ? C’est une nouvelle qui se répand dans le public</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon Jean-Noël Capferrer, la rumeur, en tant « qu’autoroute du colportage » (Pascal Froissard), est le plus vieux média du monde. C’est un bruit qui court, court, court.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une des caractéristiques des rumeurs est qu’elles sont répétitives et s’habillent toujours des vêtements du jour qui les rendent frais et qui font qu’elles ne se laissent pas déceler. Capferrer révèle qu’il existe dans le monde un stock d’histoires, dont le recensement est en cours, qui permet de démontrer sa récurrence.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>&#8211; Comment a donc évolué la rumeur dans le temps et dans l’espace ?</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>&#8211; Comment la sociologie aborde-t-elle la problématique de la rumeur aujourd’hui ?</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">&#8211; <em>La rumeur est un instrument particulièrement pernicieux en politique. D’où vient ce caractère pernicieux ? Autrement dit, quels sont les usages stratégiques de la rumeur en politique ?</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>1. La rumeur dans le temps et dans l’espace</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Une rumeur plaît parce qu’elle fait parler les gens sans impliquer leur responsabilité. Elle colporte la bonne histoire en direction de la bonne personne. Car on ne dit pas n’importe quoi à n’importe qui. La trajectoire de la rumeur renvoie à une sociologie des affinités électives. Avec la rumeur, c’est une</p>



<p class="wp-block-paragraph">consommation permanente de liens sociaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>La rumeur et son mode de propagation ont évolué dans le temps.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>La rumeur localisée et/ou pré-moderne</em></strong>. Avant le 19è siècle, le mot rumeur n’existait pas sous son acception actuelle. Le « bouche à oreille » était le premier support de diffusion de ce qui sera considéré plus tard comme rumeur et qui n’était rien d’autres que des phénomènes courants et parfaitement anodins. Mais, ici la diffusion du bruit est lente. Les sources de l’information sont non identifiables : « Il paraît que … » ; « On m’a dit que … ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">La rumeur relève avant tout du mode de communication privilégié au niveau local. C’est l’expression de la vie affective locale : observation permanente de son voisin dans le village, dans le quartier, etc.… Et à ce titre, elle fonctionne comme des radars sociaux (révélation d’incestes en Europe).</p>



<p class="wp-block-paragraph">En vieux français, <em>rumeur </em>était associé à <em>réputation</em>. On disait : une bonne rumeur s’attachait à lui. C’est plus précisément à partir de 1902 que la différenciation entre <em>réputation </em>et <em>rumeur </em>s’opèrera et que le creuset psychopathologique va renforcer son intérêt pour la rumeur.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>La rumeur est moderne parce que médiatisée</em></strong>. On parle de plus en plus de la rumeur à cause de celle qui tue. Les médias font exister la rumeur, surtout celle qui tue, à partir du 19è siècle. Elle s’accélère avec les médias comme la radio et la presse devenus un humus de sources potentiels de rumeur. Les médias sont une courroie d’amplification des rumeurs. Mais l’information rumorale est alors rapportée au conditionnel, avec pour l’auteur la possibilité permanente de dénégation de ce qu’il a contribué à distiller comme nouvelle : « On rapporte que … » ; « Il paraîtrait que … »</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>La rumeur, avec Internet ou la rumeur électronique</em></strong>. Avec l’Internet, on passe du bruit dont la diffusion est lente à la liste de diffusion et aux forums sur la base du même principe d’affinité. A qui ai-je envie de dire quoi ? N’importe qui n’est pas destinataire de n’importe quoi. Les listes de diffusion et les fora recréent des affinités électives à la puissance 100. Mais, à la différence des modes de véhicule de la rumeur, l’Internet permet la mise en place de mécanismes de contre-réaction immédiate. « Préviens un tel que … », « Je t’apprends que j’ai appris que … ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’efficacité sociale de la rumeur provient du fait de faire répéter la même chose par des personnes différentes afin que plusieurs sources différentes disent la même chose.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>2. De la rumeur … à sa compréhension</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>La rumeur est un objet de recherche relativement récent en sciences sociales</em></strong>. On peut tenter d’établir une filiation intellectuelle du concept et de son analyse. Celle-ci révèle quelques figures intellectuelles. Avant de devenir un objet de sociologie, la rumeur fut d’abord avec Stoetzel, Allport et Postman, une préoccupation de psychologie sociale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En psychologie sociale, elle était étudiée de façon décontextualisée. C’est-à-dire qu’on observait en laboratoire des comportements d’individus soumis à un input informationnel de type rumoral. C’était en quelque sorte une analyse in vitro du téléphone arabe. L’intérêt scientifique était porté uniquement sur les rumeurs qui circulent dans les situations de changement brutal de la société. Or, dans la réalité, dans toute société, il y a autant de champs de rumeur qu’il y a de champs sociaux : les rumeurs de village, de quartier ; les rumeurs dans le champ politique ; les rumeurs dans le champ économique dont le plus connu est la rumeur dans les milieux boursiers.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Parce qu’elles sont une remarquable photographie de l’état des croyances collectives et des représentations sociales qu’elles expriment et transmettent, les rumeurs constituent un objet d’étude de premier ordre pour le sociologue (Emmanuel Taieb).</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>La sociologie sort la rumeur des laboratoires</em></strong>, va au-delà des analyses sémantiques et sémiologiques chères aux linguistes et aux spécialistes de la communication pour développer plutôt <em>une approche transactionnelle de la rumeur </em>(Edgar Morin, Philippe Aldrin). Elle part de l’hypothèse que la rumeur n’est pas le mode de communication que des situations de crise sociale pour rendre compte plutôt de la richesse des usages sociaux des rumeurs. Les milieux professionnels fermés et les corps de métier comme les policiers, les prêtres, les magistrats, les militaires, les professeurs, tous sensibles à la réputation, justifient les multiples du phénomène.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La sociologie aborde la rumeur comme un champ clos d’expressions et d’opinions et questionne le processus par lequel le discours est produit, se répand et génère des effets (Pascal Froissard, Jean-Noël Capferrer, Philippe Aldrin). En fait, il s’agit d’une reconstruction sociologique de la « chaîne</p>



<p class="wp-block-paragraph">rumorale » (Edgar Morin).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour la sociologie, il faut aller au-delà d’une lecture de la rumeur comme étant une pathologie communicationnelle. Il faut également sortir d’une analyse en termes de rumeur comme simples croyances et recomposer le moment d’interactions où s’énonce la rumeur (nature de la rumeur ; contenu du message ; derrière le message, l’intention des émetteurs ou les enjeux de l’énonciation de la rumeur; types d’effets produits sur le public).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il est de plus en plus admis aujourd’hui en « rumologie » la capacité de la rumeur à être non seulement un élément de lien social mais aussi à produire du lien social. La rumeur révèle essentiellement le social à travers une interaction entre mémoire sociale et apparition du phénomène.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>3. Modèle d’interprétation générale de la rumeur</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La rumeur passe par trois phases.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>1. La phase de la réduction </em></strong>: l’histoire est résumée en proposition simple. En fait une étape de simplification facilitant sa réappropriation individuelle et personnalisée.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>2. La phase d’accentuation </em></strong>: c’est l’étape à la fois de l’assimilation collective de l’histoire et de sa transformation par la contribution de chacun à sa réification.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>3. La phase d’assimilation </em></strong>: l’histoire acquiert sa forme idéale en tant que réalité véhiculée mais non vérifiable.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon Philippe Aldrin, lorsque la rumeur est émise, elle peut avoir deux effets :</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>1. Des effets collusifs </em></strong>: provoquer un mouvement social incontrôlé</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>2. Des effets d’information </em></strong>: la rumeur est relayée par des médias ou instrumentalisée par des organisations politiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Françoise Reumaux propose une démarche plus phénoménologique de la rumeur. En considérant la rumeur comme un système et en partant de « l’espace audiologique » (Kurt Lewin), elle tente de reconstruire la trajectoire sociale d’une rumeur, les relais utilisés, les espaces parcourus.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>III. Modèle d’interprétation générale de la rumeur</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">A partir de la critique des études antérieures selon laquelle la rumeur n’est étudiée qu’au stade seulement de son éclosion, Reumaux se propose, quant à elle, d’analyser le processus de gestation d’une rumeur à travers trois étapes qu’elle emprunte à la métaphore entomologique :</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>1. stade larvaire </em></strong>: dès que les hommes se retrouvent ensemble, les rumeurs partent sur fond de bruit. Recours à la mémoire collective et aux mythèmes qui traînent dans l’inconscient collectif (dans la rumeur du chien : la frustration imposée par les rapports entre «Blanc» et «Noir» etc …).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Elle puise dans l&#8217;environnement la substance qui lui conférera son énergie. La disposition d’un groupe social à produire des fantasmes.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>2. stade nymphal </em></strong>: elle « couve » et se disperse sans bruit. Ce qui implique une réflexion sur les temporalités sociales. Les virtualités, les potentialités de ce qui adviendra au stade d’éclosion.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>3. stade d’éclosion </em></strong>: diffusion de la rumeur devenue facteur de sociabilité dans un espace bien déterminé. Chacun se réapproprie l’histoire (récit ou discours) en fonction de sa propre position ou de ses savoirs propres. La rumeur devient une prémisse de l’opinion publique. Avec une possibilité d’établissement de la carte des rumeurs (Réumeaux).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sur la base d’une classification socio-psychanalytique, Françoise Réumeaux dégage quatre modèles de rumeur avec les figures qui s’y cristallisent :</p>



<p class="wp-block-paragraph">1. <strong><em>Le modèle hystérique </em></strong>avec la figure du bouc émissaire. elle explose sans prévenir, toute pleine de son évidence avec la figure de la peur extrême.</p>



<p class="wp-block-paragraph">2. <strong><em>Le modèle paranoïaque </em></strong>avec la figure du complot.</p>



<p class="wp-block-paragraph">3. <strong><em>Le modèle pervers </em></strong>avec la figure du secret ambivalent (caché/montré) ; dire sans dire ; secret de polichinelle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">4. <strong><em>Le modèle schizoïde </em></strong>avec la figure de l’étrangeté assimilable à la légende du Dr Jekill and Mr Hyde qui ne se regardent jamais en face. La figure du héros comme un Janus à double visage.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La rumeur acquiert son efficacité par le recours aux ressources mythologiques de l’imaginaire et de l’inconscient collectif.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Lorsque c’est une rumeur qui entretient une forme particulière de peur, elle s’appuie sur un fond imaginaire porteur de cette peur qui aide la rumeur à acquérir sa puissance et son efficacité. Dans ce cas, la rumeur déploie sa puissance de prophétie d’auto-validation. Car, elle finit par créer le phénomène.</p>



<p class="wp-block-paragraph">On peut recomposer la logique et les récits des rumeurs en replongeant dans les archives de presse et en faisant une enquête auprès de la communauté concernée, comme Philippe Aldrin l’a fait pour l’ « Affaire Carpentras » (profanation du cimetière juif de la ville en mai 1990).</p>



<p class="wp-block-paragraph">De là, on peut repérer, comme le suggère Aldrin, les positions des différents groupes d’acteurs face à l’événement, les raisons évoquées par ceux qui croient à la rumeur (faire peser le soupçon ou accuser) et celles utilisées par les personnes en cause pour justifier leur innocence (théorie du complot ? registre de l’indignation ? justifications de son innocence ?).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Tout cela peut déboucher enfin sur l’analyse de la conduite de ceux que Aldrin appelle « les différents entrepreneurs de rumeurs » et, notamment, la genèse, les instrumentalisations et la postérité de l’objet d’accusation.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>4. Les usages stratégiques des rumeurs dans le champ politique</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La rumeur n’est pas toujours spontanée. Elle l’est d’ailleurs de moins en moins lorsque l’objet rumoral est surtout politique ou un enjeu commercial. Elle relève alors d’un agir communicationnel de type particulier que Philippe Aldrin appelle « l’agir rumoral ».</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>L’agir rumoral en tant qu’investissement politique</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">L’agir rumoral, en politique ou dans l’univers financier et commercial a toujours une finalité. C’est un investissement. Il participe des activités de communication des champs sociaux qui, comme la politique, le milieu financier et le monde des entreprises, valorisent la compétition comme mode de régulation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Malgré la logique de compétition qui les régit, ce sont des mondes dotés de codes éthiques de communication en tant qu’ensemble de règles et de conventions auxquelles les acteurs qui y jouent doivent se conformer pour espérer être en conformité avec le registre du socialement et/ou du politiquement correct du « bien dire » (ne pas dire n’importe quoi, n’importe où, n’importe comment, sur n’importe qui à n’importe quel moment). Mais, il y a la règle et la réalité. C’est dans les arènes politiques qu’on observe les formes les plus pernicieuses telles que la désinformation, la fuite d’informations non autorisées ou officieuses, le persiflage, les révélations invérifiables, la diffamation, qui sont des armes politiquement utiles mais moralement reconnues comme incorrectes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le canal de la rumeur devient le vecteur de communication alternative qui s’autonomise, mais inscrite au registre des pratiques officieuses de la compétition politique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’agir rumoral constitue une disposition consubstantielle du champ politique et dans une moindre mesure, du monde des entreprises et des activités boursières. Nous allons nous appesantir plutôt sur le cas de la rumeur en politique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En politique, l’efficacité s’embarrasse peu de morale même si les acteurs manifestent quelques scrupules à ce que leurs actes soient jugés à l’aune de la morale et de l’éthique communicationnelle (Jürgen Habermas).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour cette raison, certaines formes de stratégies de disqualification de son adversaire ne peuvent être mises en branle de façon transparente à partir de sa position. Elles sont actionnées par l’entremise de l’entourage qui les amplifie par le truchement de la rumeur. Celle-ci permet d’imputer une information à la masse sans en porter la responsabilité. Les informations le plus souvent ainsi imputées sont le plus souvent celles qui permettent de donner des coups fatals à l’adversaire pour le disqualifier. Ainsi, la rumeur fonctionne-t-elle comme un registre de prise de parole (Aldrin) et de diffusion de l’information par les acteurs politiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’usage des rumeurs permet d’échanger, de communiquer en échappant aux contraintes de la discussion argumentée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le raccourci de la rumeur permet de faire une économie d’effort en situation politique complexe. Elle offre également une possibilité de dramatisation d’un fait banal.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Relation acteurs politiques – journalistes dans la mobilisation des rumeurs</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La mobilisation des rumeurs en politique finit par instaurer une sociologie particulière de relations acteurs politiques – journalistes, avec des intérêts croisés des acteurs en présence.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’acteur politique diffuse une rumeur sur son adversaire, par exemple, et cherche souvent à lui procurer un écho médiatique pour lui assurer une efficacité sociale et politique maximale. Cette transaction entre acteurs politiques et hommes de médias présente des différences en fonction de l’effectivité du respect de la législation de la profession de journalisme et du code éthique sensé la régir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En Afrique, l’absence d’indépendance des organes de presse fait d’eux des véhicules des rumeurs à finalité politique. En tant qu’organes de presse affiliés à des mouvements politiques ou, parfois, sous forme de commande spécifique contre des billets de banque, la presse surtout écrite amplifie la rumeur dans l’intérêt de son financeur qui en espère un gain politique immédiat ou différé en terme de désinformation ou de disqualification de son adversaire. A la réaction des personnes mises en cause, ces organes se contentent souvent de démentis le plus souvent publiés dans un encart bien des jours après la parution de l’article diffamatoire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ailleurs, en Europe ou aux Etats-Unis où le journaliste ne peut publier n’importe quelle rumeur, par souci d’éthique ou par crainte de la loi, les rumeurs sont entourées de plus de précautions oratoires.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quel que soit le contexte, la sociologie considère les rumeurs comme un élément à part entière de la pratique journalistique et des stratégies de combat politique (Aldrin).</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>La rareté de l’information, terreau des rumeurs</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le contenu d’une rumeur ne peut être isolé de son contexte. Dans chaque contexte social ou dans tous les types de liens sociaux, il y a une part visible et une part invisible de l’activité sociale. Lorsque la part invisible est plus importante que la part visible, l’information dans ce champ devient rare et sensible. Il en résulte un niveau de tension qui entoure l’accès à l’information elle-même. Le secret prend alors une place sociale importante et l’imagination sociale se libère, d’autant que la rareté crée la valeur. Un tel terrain est fertile pour la rumeur, instrumentalisée ou non, qui organise toute une économie de l’information.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La rumeur se veut également une alternative à l’absence de vérité officielle. Une rumeur survit tant que les institutions qui produisent la vérité ou l’exactitude de l’information (média, justice, recherche, lieux de pensée critique) ne sont plus capables de faire leur travail ou ne parviennent pas à démentir la rumeur, soit parce que la force les en empêche, soit parce que le secret empêche de révéler la vraie nature des choses et des faits en cause. Il permet de pallier à un déficit des sources d’information habituelles.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Conclusion</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous résumons l’essentiel du développement de cet exposé par ce que Marc Bloch disait sur la rumeur dans les tranchées de la guerre 14-18 : « Une fausse nouvelle naît toujours de représentations collectives qui préexistent à sa naissance. Elle n’est fortuite qu’en apparence ou précisément tout ce qu’il y a de fortuit en elle, c’est l’incident initial absolument quelconque qui déclenche le travail des imaginations. Mais cette mise en branle n’a lieu que parce que les imaginations sont déjà préparées et fermentent sourdement. Un événement ou une mauvaise perception qui n’irait pas dans le sens où penchent les esprits de tous pourrait tout au plus former l’origine d’une erreur individuelle mais non pas d’une fausse nouvelle populaire largement répandue. La fausse nouvelle est le miroir où la conscience collective contemple ses propres traits ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">La rumeur, finalement, c’est quoi ? On peut le comprendre sous une forme métaphorique. La rumeur est assimilable à la situation dans laquelle <em>un seul chien se met à aboyer à une ombre et que dix mille autres chiens en font une réalité.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Les Vendredis du CERAP, 17 février 2006</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">* * * * * * * * * * * * * *</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Bibliographie</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">&#8211; <em>Aldrin, Philippe</em>, 2005, Sociologie politique des rumeurs, PUF, coll. « Sociologie d’aujourd’hui », Paris, 289</p>



<p class="wp-block-paragraph">pages.</p>



<p class="wp-block-paragraph">&#8211; <em>Françoise REUMAUX (dir.), </em>1999. Les oies du Capitole, ou les raisons de la rumeur. Paris : CNRS Éditions,</p>



<p class="wp-block-paragraph">coll. « CNRS communication », 225 pages.</p>



<p class="wp-block-paragraph">&#8211; <em>Françoise REUMAUX</em>, 1994, Toute la ville en parle. Esquisse d&#8217;une théorie des rumeurs. Paris, L&#8217;harmattan,</p>



<p class="wp-block-paragraph">205 p., <em>bibl. (« Logiques sociales »).</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>&#8211; Françoise REUMAUX</em>, 1996, La veuve noire. Message et transmission de la rumeur. Paris, Méridiens</p>



<p class="wp-block-paragraph">Klincksieck, 188 p., bibl., index, ill. (« Sociétés »).</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>Côte d’Ivoire : La réconciliation sera internationale ou ne sera pas !</title>
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		<pubDate>Wed, 18 Dec 2024 18:06:00 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[Professeur]]></category>
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<p class="wp-block-paragraph">La réconciliation en Côte d’Ivoire : un chantier national ou un défi global ? Dans cet essai incisif et profondément réfléchi, le philosophe Yao-Edmond Kouassi nous convie à une méditation audacieuse : celle où la réconciliation ivoirienne ne saurait s’accomplir sans le souffle actif de la communauté internationale. Avec une plume acérée et une érudition maîtrisée, l’auteur déconstruit les évidences, relie les querelles aux failles du vivre-ensemble, et propose un retour aux fondamentaux du droit moderne pour dépasser les impasses du tribalisme et des replis identitaires. Entre références savantes et provocations salutaires, ce texte ouvre un champ de pensée renouvelé sur la modernité politique, la citoyenneté, et les jeux de la souveraineté dans un monde interdépendant.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>À lire absolument pour quiconque s’interroge sur les conditions d’une paix durable en Afrique, sur le rôle des institutions internationales, et sur les ressorts philosophiques du vivre ensemble.</em></p>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph"><strong>Côte d’Ivoire : La réconciliation sera internationale ou ne sera pas !</strong></p>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph"><strong>M. Yao-Edmond K., Maître de conférences</strong></p>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph"><strong>de philosophie politique et sociale / Philosophie du droit</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Ligne d’argumentation&nbsp;<strong>: «&nbsp;Côte d’Ivoire&nbsp;: la réconciliation sera internationale ou ne sera pas&nbsp;!&nbsp;» </strong>décrit un parcours réflexif où l’objet de la réconciliation est la modernisation des acteurs politiques comme de leurs mœurs, dont les enjeux portent sur la remobilisation de la constellation internationale (UEMOA, CEDEAO, UA, ONU, etc.). Celle-ci est si moderne qu’elle peut jouer du droit autant qu’elle peut se jouer de lui. Ceux-là peuvent-ils en tirer toutes les conséquences&nbsp;? Cet exercice théorique est ouvertement une tentative de réponse qui s’organise sous les modalités théoriques de la modernité de la réconciliation saisie comme actes (actions) de souder les ressorts cassés du vivre-ensemble, de conjurer les démons de la division (tribale), de réparer les torts, de soumettre les peuples au Peuple, de recréer l’unité minimale, etc.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Remarques introductives</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;&nbsp; Défendre l’idée risquée selon laquelle l’enjolivement international des crises de croissance de l’Etat ‘’moderne’’ ivoirien doit aider à asseoir une dynamique de réconciliation (nationale) qui déborde les frontières que lui tracent merveilleusement les tenants des commissions nationales de réconciliation, n’est pas gagnée d’avance. Il s’agit d’une idée risquée pour trois raisons au moins. La première de ces raisons, qui est la moins forte, relève de l’usage stratégique ou instrumental de l’Etat moderne<a href="#_edn1" id="_ednref1">[i]</a> vérifiable dans la sélection quasi-arbitraire des droits fondamentaux à promouvoir ou à implémenter. La deuxième raison est la discontinuité de l’arbitrage international et de l’ingérence internationale. La dernière raison procède d’un rapport sélectif au droit d’ingérence (non assumé donc) de la communauté internationale prise dans ses expressions les plus primaires (pays frontaliers, organisations régionales et sous-régionales, etc.) que rappellent ces platitudes et autres truismes retournés en questions rhétoriques&nbsp;:</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le coup d’Etat de décembre 1999 a-t-il pu se perpétrer dans les frontières nationales ivoiriennes sans complicités, ne serait-ce que passives, transfrontalières&nbsp;? La rébellion armée&nbsp; de septembre 2002 a-t-elle pu prospérer en dehors de soutiens du même genre&nbsp;? La parenthèse électorale pour s’ouvrir a-t-elle&nbsp; eu plus besoin de l’aide de la communauté internationale que la crise post-électorale n’a connu son coup de grâce par le même biais&nbsp;?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Point n’est besoin, à vrai dire, de gloser sur les risques&nbsp; encourus par les idées et leurs porteurs si tant est que la Côte d’Ivoire résume bien les titres des travaux de ses observateurs les plus avisés et désintéressés que passent pour être Claudine Vidal<a href="#_edn2" id="_ednref2">[ii]</a>, Jean-Pierre Dozon, Francis Akindès<a href="#_edn3" id="_ednref3">[iii]</a>, Yacouba Konaté<a href="#_edn4" id="_ednref4">[iv]</a>, etc.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est en réalité de risques encourus et pleinement assumés que se nourrissent, en règle générale, les bâtisseurs de l’Afrique<a href="#_edn5" id="_ednref5">[v]</a>. Ces derniers, tantôt admirés et adulés, tantôt vilipendés et pourchassés, stimulent une approche dichotomique qui ne saurait suffire à étaler le double jeu des réconciliateurs&nbsp;: un jeu entre ‘’nationaux’’ sur un hors jeu de la constellation internationale, laquelle tiendrait son statut, son contrat et sa place d’un déplacement-replacement<a href="#_edn6" id="_ednref6">[vi]</a>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette dernière séquence de mes propos liminaires place le lecteur au cœur de mon entreprise théorique qu’il faut percevoir comme un essai visant la modernisation de l’Etat ivoirien (I), la réconciliation ne devant être que la célébration des continuités victorieuses sur la voie de la modernité sur les épaules du droit moderne dépouillé de ses atavismes et oripeaux politiques (II).</p>



<ol style="list-style-type:upper-roman" class="wp-block-list">
<li><strong>Se réconcilier ou s’auto-moderniser </strong></li>
</ol>



<p class="wp-block-paragraph">Réconcilier les ivoiriens revient à les moderniser ou ce qui est la même chose,<em> défolkloriser</em> les signes sous lesquels s’énoncent et s’animent leurs vies publiques respectives dans la cité&nbsp;: leur citoyenneté. La citoyenneté, qui ne peut être qu’un être au monde moderne, a, en effet, ses (des) identités remarquables qu’aucune crise, fut-elle post-électorale, ne peut servir de prétexte à les sous-estimer voire à les annuler. Qu’on ne s’attende pas, à ce stade de mon raisonnement, à ce que je les énumère toutes&nbsp;! Ce serait, en réalité, une entreprise fastidieuse que de vouloir passer en revue les grandes marques ou les marqueurs d’identité de l’Etat moderne qui se modernise (expression traduisant ici le devenir sophistiqué et complexe de l’Etat), du reste, chaque jour davantage, pour autant qu’ils soient bien connus et bien pratiqués en Côte d’Ivoire. Les jours et les nuits d’élections en sont des témoignages éloquents, moments où Commission Electorale indépendante (CEI) et Compagnie Internationale d’Elections (CIE) rivalisent d’adresse&nbsp;; la dernière étant connu pour ses nombreuses organisations non gouvernementales qui viennent peupler, telle une nuée de mange-mil, les bords de la lagune Ebrié.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces compagnies aident, à plus d’un titre, à progresser dans le raisonnement qui consiste à soutenir que réconcilier les ivoiriens ne signifie rien d’autre que les moderniser. Dans une telle posture, des gains conceptuels ont déjà été remportés, qui portent sur la connaissance quasi-universelle des identités remarquables de la modernité politique que revendique si bien l’Etat ivoirien que ceux qui l’incarnent ne tremblent guère pour l’ouvrir aux experts de tout acabit de l’ONU.</p>



<p class="wp-block-paragraph">D’autres gains ont été engrangés à partir de la participation quasi-reconnue et quasi-acceptée sous le mode de l’ingérence (voulue et désirée) de l’ONU. A voir ces différents gains, il ne me reste qu’à penser plus sérieusement les raisons ou les motifs pour lesquels la boîte à outils moderne entre les mains des acteurs ivoiriens ne modernise guère&nbsp;; étant entendu que l’aveu d’échec de la modernité se justifie pleinement par et dans la quête inlassable de réconciliation ou encore par la preuve de l’échec de la modernité fournie par le conflit, le différend, la querelle, la palabre sous le mode de leur présence massive, envahissante et angoissante.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Faisons remarquer, avant d’affronter le tournant juridique de mon propos, que ce n’est pas pertinent de soutenir que la modernité opère exclusivement dans la réconciliation, dans le consensus et l’unité qui ne sont que des visées et des horizons à atteindre. Autrement dit, la modernité vise l’unité qu’elle sait ne pas pouvoir atteindre. Conscient de cela, tout défenseur de la modernité aménage des zones d’exercice et d’éclosion de la diversité et de la conflictualité qui lui sont consubstantielles. Autant dire que le projet de réconciliation qui est bel et bien un projet de modernisation ne correspond à rien quand elle&nbsp; veut réduire, au sens de les éliminer, les mésententes et les discordes entre les ivoiriens.</p>



<p class="wp-block-paragraph">A moins de me méprendre sur les objets et objectifs de la réconciliation en Côte d’Ivoire, la tâche des réconciliateurs se donne alors d’elle-même&nbsp;: rapporter les querelles, les palabres, les mésententes, à leurs cadres modernes d’émergence ou d’éclatement afin de leur assurer l’expression la meilleure en termes de gestion et de gouvernance. L’encadrement moderne des querelles, des mésententes, des palabres entre ivoiriens définit des niveaux de compétences censées déjouer les pièges et de la tribalité, et du tribalisme. Ce n’est pas rare, en effet, de voir les acteurs politiques en situation d’hégémonie, conjoindre voire associer dans une honteuse vie de couples, compétences et récompenses. Il faut en sortir. Et le droit moderne (les droits civil et administratif notamment) &nbsp;en ses ancrages non politiques devrait y aider.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>II-réconcilier ou comment retourner aux ancrages non politiques du droit moderne</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">L’Etat moderne peut se passer des droits politiquement colorés une fois l’acte politique fondateur posé<a href="#_edn7" id="_ednref7">[vii]</a>, pour avancer sur le front social<a href="#_edn8" id="_ednref8">[viii]</a> et faire avancer les causes communes à différencier des causes majoritaires et des causes minoritaires. Point n’est besoin de rappeler les réserves de Tocqueville à l’égard de «&nbsp;l’omnipotence de la majorité&nbsp;<a href="#_edn9" id="_ednref9">[ix]</a>» ou d’un certain culte de la majorité en démocratie, car le principal se trouve dans le rappel des positions critiques de Hans Kelsen vis-à-vis d’un droit moderne narcissiquement produit<a href="#_edn10" id="_ednref10">[x]</a>. Le courage intellectuel de Kelsen est si remarquable&nbsp;qu’il se dressait contre des idéologies fortement enracinées et des intérêts dominants. Pour se faire une idée de la nature des bouleversements introduits dans la marche tranquille du droit moderne, les paragraphes qui suivent ne sont pas de trop&nbsp;:</p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; «&nbsp;La question de savoir si le droit est une science de la nature ou une science morale ne peut pas échauffer les esprits à ce point – la séparation entre ces deux groupes de sciences s’est faite presque sans résistance. Pour la science du droit, cette province qui vit loin du centre de l’esprit, et qui a accoutumé de ne s’incorporer le progrès qu’à un rythme très lent, tout ce dont il peut s’agir, c’est de lui imprimer un mouvement un peu plus rapide en la mettant en contact direct avec la théorie générale de la science. A la vérité, fait remarquer Kelsen, contrairement aux apparences, la lutte ne porte pas sur la place du droit dans l’ensemble des sciences et sur les conséquences qui en résultent&nbsp;; elle porte sur les rapports du droit avec la politique&nbsp;; elle a pour enjeu la saine séparation de l’une d’avec l’autre, c’est-à-dire la renonciation à l’habitude profondément enracinée de défendre au nom de la science du droit, c’est-à-dire en invoquant une autorité objective, des postulats politiques, qui n’ont qu’un caractère essentiellement subjectif, même s’ils se présentent, en toute bonne foi, comme l’idéal d’une religion, d’une nation, d’une classe. &nbsp;<a href="#_edn11" id="_ednref11">[xi]</a>».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Kelsen a ainsi produit une ligne d’argumentation qui décrit une distance critique à prendre vis-à-vis des intérêts politiques présentés largement comme relevant de la subjectivité. La religion (ma religion), la nation (ma nation), la classe (ma classe) &nbsp;voient ainsi les prétentions dont on les affuble, celles de faire monde objectif, se réduire drastiquement. Il en va de même des ambitions des commissions nationales articulées à des figures telles que les guides religieux, les cadres de régions, les représentants de corporations, etc. La re-évaluation du triptyque constitué de la religion, de la nation et de la classe est, par ailleurs, intéressante pour replacer, dans le but de lui rendre justice, la constellation post-nationale au cœur des processus de réconciliation nationaux. Il s’agit dans ce sens, de s’abreuver aux sources du cosmopolitisme (promu par Kant et Habermas notamment) &nbsp;à l’intérieur duquel obtient sens et vitalité la notion même de communauté internationale.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Remarques finales</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Mon parcours réflexif aura cherché à se protéger de l’académisme et du populisme qui tendent à paralyser, à parasiter, à court-cuiter voire à plomber les analyses sur la Côte d’Ivoire. Et pourtant, le premier temps de mon propos s’apparente au populisme. Mais, parce que non dogmatique, un tel populisme a pu se saisir des termes, largement en vogue en Côte d’Ivoire, comme la communauté internationale, la réconciliation nationale, les droits de l’homme, les élections, le rattrapage, etc. Il en va de même du second temps qui a cédé par endroits du terrain à l’’académisme (hermétisme) tempéré toutefois avec la question de la théorie pure du droit dont on ne peut faire l’économie dans un environnement socio-politique marqué (masqué) sinon par une justice sur commande, au moins par une tension du juridique et du politique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Comme on peut le constater, ce sont des niveaux&nbsp; d’appréhension et de crainte légitimes qu’il ne faut pas sous-estimer, qu’il ne faut pas, comme l’autruche qui, à la vue du danger, enfouit sa tête dans le sable, fuir. C’est dire, en retour, l’urgence qu’il y a à affronter le péril avec des concepts de choix créateurs d’espérance, tels que ceux qui se combinent dans le jeu théorique de l’académisme tempéré et du populisme non dogmatique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sur ce dernier point, il est revenu au philosophe italien Gianfranco Borrelli d’opérer un recadrage conceptuel du populisme à partir de l’expérience politique italienne portée par Silvio Berlusconi. «&nbsp;Lui, dira &nbsp;Borrelli dans sa communication intitulée «&nbsp;la démocratie de gouvernance entre crise de légitimité et dispositifs d’urgence&nbsp;» au colloque des 18 et 19 octobre 2007, (communication que prolonge l’article paru dans <em>Cités&nbsp;: le populisme contre les peuples&nbsp;?,</em> numéro 49/2002 sous le titre, «&nbsp;Berlusconi et la destruction de la société civile italienne&nbsp;»), est un populiste, vu l’enrégimentement de la presse, les frasques érotiques et les délires dont semble s’être rendu coupable le vieux président&nbsp;». Il s’ensuit que les canaux d’expression du populisme ne sont pas si cachés et si éloignés de nous qu’on le pense&nbsp;; tous pouvant succomber au charme du populisme ou pouvant être ‘’facilement’’ rattrapé par cette disposition d’esprit gênante consistant à couvrir les vrais problèmes (problèmes sociaux) du Peuple du vernis de la rhétorique d’un côté, et de l’autre, à les subvertir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La subversion du Peuple est incontestablement celle d’une grande idée de la raison, si trompeuse qu’avec le Peuple, par lui et en lui, il faut toujours avoir une longueur d’avance pour pouvoir reconnaître&nbsp;les peuples en chair et en os comme les vrais signalements du Peuple, qui interdisent de ruser avec les uns contre les autres. Et si les processus de réconciliation prônés çà et là en Afrique n’étaient qu’une ruse&nbsp;?</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Bibliographie indicative</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">AKINDES, Francis, POAME, Lazare-Marcellin, OUATTARA, Azoumana, alii, <em>Penser la crise ivoirienne</em>, Paris, MENAIBUC, 2007.</p>



<p class="wp-block-paragraph">AKINDES, Francis, POAME, Lazare-Marcellin, KOUASSI Yao Edmond, alii, <em>Penser la reconstruction post-conflit en Côte d’Ivoire, Repères «&nbsp;international&nbsp;»,</em> Paris, MENAIBUC, 2009.</p>



<p class="wp-block-paragraph">BLONDIAUX, Loïc, <em>Le nouvel esprit de la démocratie</em>. <em>Actualité de la démocratie participative</em>, Paris, Seuil, 2008.</p>



<p class="wp-block-paragraph">BORRELLI, Gianfanco,«&nbsp;Berlusconi et la destruction de la société civile italienne&nbsp;» in<em> Cités&nbsp;: le populisme contre les peuples&nbsp;?,</em> numéro 49/2002.</p>



<p class="wp-block-paragraph">DWORKIN, Ronald, <em>Prendre les droits au sérieux</em>, traduction de Rossignol, M.J, Limare, F., révisée par Michaut, F., Paris, PUF, 1984.</p>



<p class="wp-block-paragraph">HABERMAS, Jürgen, <em>Droit et démocratie.</em> Entre faits et normes, traduction de Rochlitz, R. et Bouchindhomme, C. Paris, Gallimard, 1992.</p>



<p class="wp-block-paragraph">HABERMAS, Jürgen, et RAWLS, John, <em>Débat sur la justice politique</em>, traduction de Rochlitz, R. et de Audard, C. Paris, Cerf, 1997.</p>



<p class="wp-block-paragraph">HEGEL, Georg Wilhelm Friedrich, <em>Principes de la philosophie du droit</em>, traduction de Kervégan, J-F. Paris, PUF «&nbsp;Quadrige&nbsp;», 2003.</p>



<p class="wp-block-paragraph">KELSEN, Hans, <em>Théorie pure du droit</em>, traduction Eisenmann, C. Paris, Bruylant L.G.D.J., 2004.</p>



<p class="wp-block-paragraph">KERVEGAN, Jean-François, «&nbsp;Démocratie et droits de l’homme&nbsp;» in <em>L’ignorance du peuple</em>. <em>Essais sur la démocratie,</em> Paris, PUF, 1998.</p>



<p class="wp-block-paragraph">KONATE, Yacouba, «&nbsp;Côte d’Ivoire&nbsp;: le canari d’eau de Jacques Chirac&nbsp;», <em>Politique africaine, Média, journalistes et espace public</em>, n° 97, Mars 2005, pp.117-133.</p>



<p class="wp-block-paragraph">KOSKENNIEMI, M., <em>La politique du droit international, </em>traduction&nbsp; de Jouannet (E.), Paris, Pedone, 2006.</p>



<p class="wp-block-paragraph">KOUASSI, Yao Edmond, «&nbsp;La désobéissance civile, hier et aujourd’hui&nbsp;: déclin ou crise&nbsp;?&nbsp;» in <em>Lettres d’Ivoire, Revue de Littératures, Langues et Sciences humaines</em>, n°2, Abidjan, Université de Bouaké, 2007.</p>



<p class="wp-block-paragraph">KOUASSI, Yao Edmond, «&nbsp;La fin de l’État-nation&nbsp;: La nouvelle idéologie de la société civile&nbsp;» in <em>Revue scientifique de littératures, langues et sciences humaines</em>, <em>Lettres d’Ivoire</em>, n°3, Bouaké, Éditions de l’Université de Bouaké, 2007, p-p. 55-72.</p>



<p class="wp-block-paragraph">KOUASSI, Yao Edmond, «&nbsp;Quel est le sens de l’autonomie du droit face à la colonisation du monde vécu?&nbsp;» in <em>Revue Baobab</em>, numéro spécial «&nbsp;Actes du colloque sur traumatisme des cultures et cultures des traumatismes&nbsp;», Abidjan, Université de Bouaké, 2010.</p>



<p class="wp-block-paragraph">LEWKOWICZ, Gregory et&nbsp; XIFARAS, Mikhail, <em>Repenser le contrat</em>, Paris, Dalloz, 2009.</p>



<p class="wp-block-paragraph">HENNEBEL, Ludovic et LEWKOWICZ, Gregory, «&nbsp;La contractualisation des droits de l’homme&nbsp;» in <em>Repenser le contrat</em>, Paris, Dalloz, 2009, pp.221-244.</p>



<p class="wp-block-paragraph">RAYNAUD, Philippe, <em>Le juge et le philosophe</em>, Paris, Armand Colin, 2010.</p>



<p class="wp-block-paragraph">ROUBIER, Paul, <em>Théorie générale du droit. Histoire des doctrines juridiques et philosophie des valeurs sociales</em>, Paris, Dalloz, 2005.</p>



<p class="wp-block-paragraph">ROUSSEAU, Jean-Jacques, <em>Du Contrat social</em>, Paris, 10/18, 1963.</p>



<p class="wp-block-paragraph">SUPIOT, Alain, <em>Homo juridicus. Essai sur la fonction anthropologique du droit</em>, Paris, Seuil, 2005.</p>



<p class="wp-block-paragraph">THOMAS, Louis-Vincent, «&nbsp;Essai sur le rôle de l’idéologie dans les problèmes du développement (De l’exemple chinois aux incertitudes africaines)&nbsp;» in <em>Présence africaine</em>, n° 63, Paris, Présence africaine, 1967.</p>



<p class="wp-block-paragraph">TROPER, Michel, <em>L’architecture du droit. Mélanges en l’honneur de Michel Troper</em>, Paris, Economica, 2006.</p>



<p class="wp-block-paragraph">VIDAL, Claudine, «&nbsp;La brutalisation du champ politique ivoirien 1990-2003&nbsp;» in <em>Revue africaine de sociologie</em>, 7, 2, Paris, Codesria-Karthala, 2003.</p>



<p class="wp-block-paragraph">VILLEY, Michel, <em>Le droit et les droits de l’homme</em>, Paris, Puf, 2009.</p>



<p class="wp-block-paragraph">WEBER, Max, <em>Le Savant et le politique</em>, préface, traduction et notes de Colliot-Thélène C., Paris, La Découverte, 2003.</p>



<p class="wp-block-paragraph">WODIE, Francis Vangah, <em>Institutions politiques et droit constitutionnel en Côte d’Ivoire,</em> Abidjan, PUCI, 1996.</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="#_ednref1" id="_edn1">[i]</a> Voir sur le départ entre usage instrumental et usage communicationnel, les analyses du philosophe allemand Jürgen Habermas</p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="#_ednref2" id="_edn2">[ii]</a> VIDAL, Claudine, «&nbsp;La brutalisation du champ politique ivoirien 1990-2003&nbsp;» in <em>Revue africaine de sociologie</em>, 7, 2, Paris, Codesria-Karthala, 2003.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="#_ednref3" id="_edn3">[iii]</a> AKINDES, Francis, POAME, Lazare-Marcellin, OUATTARA, Anzoumana, alii, <em>Penser la crise ivoirienne</em>, Paris, MENAIBUC, 2007.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="#_ednref4" id="_edn4">[iv]</a>KONATE, Yacouba, «&nbsp;Côte d’Ivoire&nbsp;: le canari d’eau de Jacques Chirac&nbsp;», <em>Politique africaine, Média, journalistes et espace public</em>, n° 97, Mars 2005, pp.117-133.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="#_ednref5" id="_edn5">[v]</a> Voir Kouassi Yao-Edmond, «&nbsp;L’Afrique en crise et ses bâtisseurs. Vers une politique de la confiance institutionnelle&nbsp;» in Répères «&nbsp;international&nbsp;», n°2, Paris, Editions Menaibuc, 2009, pp. 63-76.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="#_ednref6" id="_edn6">[vi]</a> Voir HENNEBEL, Ludovic et LEWKOWICZ, Gregory, «&nbsp;La contractualisation des droits de l’homme&nbsp;» in <em>Repenser le contrat</em>, Paris, Dalloz, 2009, pp.221-244. «&nbsp;Au niveau international, expliquent-ils, les concepts développés par ces mouvements pluralistes de l’entre-deux guerres renvoyaient dos-à-dos&nbsp; deux options philosophiques et juridiques en lice à l’époque&nbsp;: celle, néo-kantienne, de la paix par le droit international et celle, néo-hégélienne, de la paix par la reconnaissance de l’Etat souverain come la source supérieure de tout droit&nbsp;», p.239. Où situer l’option ivoirienne, en&nbsp; substituant à l’aspiration à la paix, l’aspiration à la réconciliation&nbsp;?</p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="#_ednref7" id="_edn7">[vii]</a> Voir ROUSSEAU, Jean-Jacques, <em>Du Contrat social</em>, Paris, 10/18, 1963. Rousseau y engage, démocratiquement, de «&nbsp;trouver une forme d’association où chacun…&nbsp;»</p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="#_ednref8" id="_edn8">[viii]</a> Voir KOUASSI, Yao Edmond, «&nbsp;La fin de l’État-nation&nbsp;: La nouvelle idéologie de la société civile<strong>&nbsp;»</strong> in <em>Revue scientifique de littératures, langues et sciences humaines</em>, <em>Lettres d’Ivoire</em>, n°3, Bouaké, Éditions de l’Université de Bouaké, 2007, p-p. 55-72. On peut y lire, à la suite de Habermas, que «&nbsp;c’est seulement en passant par une législation qui détermine un État social, et en recourant à des négociations collectives – à condition que les partis signataires des conventions&nbsp; collectives soient indépendants- qu’on peut atteindre le but de l’état social&nbsp;; les politiques qui promeuvent l’État social tirant leur légitimité d’élections générales et trouvant leur base sociale à la fois à travers des syndicats autonomes et des partis favorables aux travailleurs&nbsp;».</p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="#_ednref9" id="_edn9">[ix]</a> TOCQUEVILLE Alexis,<em> De la démocratie en Amérique</em>, traduction de Mayer J-P., Paris, Gallimard, 1975, p.149.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="#_ednref10" id="_edn10">[x]</a> Voir HABERMAS, Jürgen, <em>Droit et démocratie. Entre faits et normes</em>, traduction de Rochlitz, R. et Bouchindhomme, C. Paris, Gallimard, 1992. Habermas y soutient à la page 492 que «&nbsp;le droit n’est pas un système narcissiquement fermé sur lui-même, mais se nourrit à la fois de la ‘’morale sociale démocratique’’ des citoyens et d’une culture politique libérale qui en favorise le développement&nbsp;».</p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="#_ednref11" id="_edn11">[xi]</a> KELSEN, Hans, <em>Théorie pure du droit</em>, traduction de Charles Eisenmann, Paris, Bruylant LGDJ, 1999, p.4.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>Le village à la Carte : Pourquoi les ivoiriens paient cher pour manger comme au village</title>
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		<pubDate>Wed, 18 Dec 2024 18:06:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Chaque week-end, le même rituel. Des files de 4&#215;4 et de berlines quittent les quartiers chics de la capitale pour des destinations improbables en périphérie : des maquis où l&#8217;on ne trouve ni chaises, ni assiettes en porcelaine, ni menus en français. Ici, on s&#8217;assoit sur des tabourets bas, on mange du&#160;foutou&#160;avec les mains dans [&#8230;]]]></description>
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<p class="wp-block-paragraph">Chaque week-end, le même rituel. Des files de 4&#215;4 et de berlines quittent les quartiers chics de la capitale pour des destinations improbables en périphérie : des maquis où l&#8217;on ne trouve ni chaises, ni assiettes en porcelaine, ni menus en français. Ici, on s&#8217;assoit sur des tabourets bas, on mange du&nbsp;<em>foutou</em>&nbsp;avec les mains dans un canari, et l&#8217;on boit du&nbsp;<em>bangui</em>&nbsp;local dans une calebasse. Dans un coin, un musicien pince les notes mélancoliques d&#8217;une guitare traditionnelle à une corde. Plus loin, des danseurs exécutent un&nbsp;<em>zaouli</em>&nbsp;ou un&nbsp;<em>goly</em>&nbsp;aux rythmes entêtants des tambours, tandis que les clients, le visage éclairé par la lueur des lanternes, savourent leur&nbsp;<em>kedjénou ou autre</em>. Ce ne sont pas des touristes. Ce sont des cadres, des entrepreneurs, des fonctionnaires d&#8217;Abidjan en quête d&#8217;une expérience précise :&nbsp;<strong>se sentir au village, sans quitter la ville, avec spectacle inclus.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce phénomène, qu&#8217;on appelle la « ruralisation de l&#8217;urbain », dépasse l&#8217;anecdote culinaire. Pourquoi des citadins, souvent très intégrés à la modernité, dépensent-ils de l&#8217;argent et du temps pour revivre des conditions qu&#8217;ils ont, pour la plupart, cherché à fuir par l&#8217;exode ? Nous avons enquêté pour comprendre les ressorts profonds de cette étrange nostalgie marchande où l&#8217;art traditionnel devient le fond sonore d&#8217;un repas premium.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Une contradiction qui se vend bien</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Notre enquête a débuté par une phase d&#8217;observation dans dix de ces établissements, d&#8217;Abidjan à Yamoussoukro. Le constat est frappant par ses paradoxes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Première contradiction :&nbsp;<strong>le prix</strong>. Un repas « villageois » avec spectacle traditionnel dans ces maquis « authentiques » coûte souvent 30 à 50% plus cher qu&#8217;un plat équivalent dans un restaurant classique de la ville.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Deuxième paradoxe :&nbsp;<strong>la clientèle</strong>. Elle est majoritairement constituée de citadins éduqués et connectés, dont beaucoup n&#8217;ont jamais vécu au village ou n&#8217;y retournent que rarement. Enfin, le décor est soigneusement étudié : les toits de paille sont neufs, la « terre battue » est propre, et derrière la case en banco où résonne la kora, on trouve souvent des toilettes modernes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">« Je viens ici parce que c&#8217;est l&#8217;ambiance de mon enfance à Bouna, mais en mieux. C&#8217;est propre, c&#8217;est sûr, et on a de la musique live. En ville, on va en boîte pour écouter du coupé-décalé. Ici, on écoute un vrai balafon en mangeant, ça nous change », explique&nbsp;<strong>M. Koné</strong>, 45 ans, chef d&#8217;entreprise, attablé avec des collègues dans un maquis à Bingerville où un griot improvise des louanges. « En ville, tout va trop vite, les relations sont froides. Ici, la musique et la danse créent un lien immédiat entre tous les clients. On se sent en famille. »</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un gérant d&#8217;un de ces établissements à Anyama nous confie : « J&#8217;emploie trois groupes d&#8217;artistes qui tournent. Les clients ne paient pas seulement la nourriture. Ils paient pour l&#8217;émotion, pour le voyage. Le son du&nbsp;<em>djembé</em>&nbsp;et la danse du&nbsp;<em>gbégbé</em>&nbsp;sont aussi importants que le goût de la sauce biékosseu. C&#8217;est ce package complet qui justifie le prix ».</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La nostalgie, un luxe moderne</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">L&#8217;analyse de ces témoignages et de ces comportements révèle que ces maquis ne vendent pas de la simple nourriture avec un divertissement. Ils vendent une&nbsp;<strong>expérience identitaire et sensorielle totale</strong>.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Première fonction : un ancrage symbolique multisensoriel.</strong>&nbsp;Pour une génération d&#8217;Ivoiriens déracinés, le village est devenu un concept abstrait. La performance d&#8217;artistes traditionnels, qu&#8217;il s&#8217;agisse du chant plaintif d&#8217;un griot ou de la danse hypnotique du&nbsp;<em>zaouli, </em>agit comme un&nbsp;<strong>puissant déclencheur mémoriel et émotionnel</strong>. Elle n&#8217;est pas un simple fond sonore, mais un élément actif de la reconnexion. Elle plonge le client dans un bain culturel qui stimule l&#8217;ouïe et la vue en même temps que le goût, créant une impression d&#8217;immersion plus crédible et plus profonde. Le sociologue parlerait de&nbsp;<strong>« tradition inventée »</strong>&nbsp;mise en scène : on utilise des performances artistiques, symboles vivants du passé, comme décor sonore et visuel pour renforcer l&#8217;authenticité de l&#8217;expérience.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Deuxième fonction : la culture comme marqueur de distinction.</strong>&nbsp;Apprécier cette musique et ces danses « authentiques » devient une compétence culturelle valorisante. Savoir en reconnaître les rythmes, les pas, ou l&#8217;origine ethnique, démontre une connaissance intime et distinguée du patrimoine ivoirien. C&#8217;est l&#8217;opposé du mépris pour les arts populaires ; c&#8217;est leur&nbsp;<strong>consécration en objet de consommation culturelle élitiste</strong>. L&#8217;artiste traditionnel, souvent marginalisé dans l&#8217;espace urbain standard, devient ici l&#8217;attraction centrale d&#8217;un public qui le rémunère, le célèbre et, d&#8217;une certaine manière, se l&#8217;approprie.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Troisième fonction : une catharsis collective ritualisée.</strong>&nbsp;L&#8217;ambiance de ces lieux, portée par la musique et la danse, est aux antipodes des codes de retenue de la vie urbaine. Le rythme des tambours, la transe des danseurs, créent une énergie collective qui&nbsp;<strong>libère les corps et les esprits</strong>. Les clients, d&#8217;observateurs, deviennent souvent participants, frappant des mains, lançant des cris d&#8217;encouragement. Cet espace devient un&nbsp;<strong>rituel communautaire hebdomadaire</strong>, une catharsis permise où l&#8217;on exorcise le stress de la semaine en se laissant emporter par un spectacle qui évoque la célébration et la vie communautaire du village.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En définitive, le succès des maquis « tradi » en ville, enrichi de ses performances artistiques, nous apprend moins sur les goûts culinaires des Ivoiriens que sur&nbsp;<strong>une faim bien plus large : celle du sens, de la beauté rituelle et de la connexion émotionnelle</strong>. Il révèle une soif profonde d&#8217;expérience culturelle totale, où le repas n&#8217;est que le prétexte d&#8217;une immersion sensorielle et identitaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce phénomène est bien plus qu&#8217;une tendance gastronomique. C&#8217;est le symptôme d&#8217;une société qui, tout en avançant, cherche désespérément à&nbsp;<strong>donner une scène et un public à ses traditions</strong>. Elle ne consomme pas passivement son passé ; elle le commandite, le finance et le met en scène pour mieux le posséder. La prochaine fois que vous verrez un cadre en costard frapper dans ses mains au rythme d&#8217;un&nbsp;<em>djembé</em>&nbsp;entre deux bouchées de&nbsp;<em>placali</em>, souvenez-vous : il ne fait pas que dîner. Il est en train de commander, pour le prix d&#8217;un bon repas, une séance de thérapie collective où la musique et la danse sont les instruments d&#8217;une réconciliation avec une part oubliée de lui-même.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>Nostalgie 2.0 : L’étonnant retour des anciens camarades sur les réseaux sociaux</title>
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		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 18 Dec 2024 18:06:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Decryptage]]></category>
		<category><![CDATA[Professeur]]></category>
		<category><![CDATA[village]]></category>
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					<description><![CDATA[Vous l’avez sûrement remarqué sur votre fil d’actualité. Ces derniers mois, les appels du type «&#160;Anciens du Lycée de Yopougon, promo 2002, on se retrouve ?&#160;» ou «&#160;Création du groupe des ex-collègues de la banque x, années 2010-2015&#160;» se multiplient. En quelques jours, ces groupes WhatsApp ou Facebook explosent. Les photos jaunies ressortent, les anecdotes [&#8230;]]]></description>
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<p class="wp-block-paragraph">Vous l’avez sûrement remarqué sur votre fil d’actualité. Ces derniers mois, les appels du type «&nbsp;<strong>Anciens du Lycée de Yopougon, promo 2002, on se retrouve ?</strong>&nbsp;» ou «&nbsp;<strong>Création du groupe des ex-collègues de la banque x, années 2010-2015</strong>&nbsp;» se multiplient. En quelques jours, ces groupes WhatsApp ou Facebook explosent. Les photos jaunies ressortent, les anecdotes oubliées refont surface, et une énergie particulière prend vie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce phénomène dépasse la simple nostalgie. Il révèle, selon notre enquête, un&nbsp;<strong>malaise sociétal</strong>&nbsp;et une réponse collective à un monde qui, malgré ses connexions numériques, nous laisse souvent seuls. Nous avons analysé des dizaines de groupes et interrogé leurs membres pour comprendre ce qui les pousse à se replonger dans le passé.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Un refuge contre la solitude moderne</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">« Dans mon quotidien, entre le boulot exigeant et les responsabilités familiales, les relations sont devenues très transactionnelles. On discute pour régler un problème, pour travailler… rarement juste pour le plaisir d’être ensemble », explique&nbsp;<strong>Karim</strong>, 42 ans, cadre à Abidjan. Son groupe d’anciens du lycée, lui, fonctionne différemment. « Là-bas, je redeviens le garçon de 17 ans que j’étais. Les échanges sont légers, vrais. C’est un vrai bol d’air. »</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce sentiment est partagé par la majorité des membres. Dans une société où la performance et l’image priment, ces cercles du passé offrent une&nbsp;<strong>zone franche d’authenticité</strong>. Le statut social, le titre professionnel ou la voiture que l’on conduit perdent de leur importance. On y est reconnu et accepté pour son essence passée, pour les souvenirs partagés d’une époque souvent idéalisée comme plus simple.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le paradoxe est frappant : nous utilisons les outils mêmes des réseaux sociaux – souvent accusés de créer des liens superficiels – pour tenter de retrouver une&nbsp;<strong>profondeur relationnelle</strong>&nbsp;que nous sentons disparaître ailleurs.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Bien plus que des souvenirs</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais l’impact de ces regroupements va au-delà du bien-être émotionnel. Ils deviennent rapidement des&nbsp;<strong>réseaux d’entraide concrets et désintéressés</strong>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">« Quand j’ai eu un sérieux problème de santé l’an dernier, ce sont des anciennes camarades de l’université, que je n’avais pas vues depuis 15 ans, qui se sont organisées pour m’apporter un soutien moral et pratique. Aucun de mes collègues de travail n’aurait fait ça », raconte&nbsp;<strong>Aïcha</strong>, 38 ans.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette solidarité active est la clé. En réactivant un&nbsp;<strong>capital social « dormant »</strong>&nbsp;– la confiance et l’affection tissées il y a des années – ces groupes créent un filet de sécurité précieux. Ils facilitent les recherches d’emploi, les recommandations professionnelles, le partage de conseils ou le soutien dans les moments difficiles, avec une sincérité rare dans les réseaux purement professionnels.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Au final, cette frénésie de retrouvailles est un message fort sur notre époque.</strong>&nbsp;Elle nous dit que malgré tous nos écrans et nos moyens de communication, nous avons un besoin fondamental et non comblé de liens stables, authentiques et sécurisants. En se tournant vers le passé, ces « anciens » ne fuient pas le présent. Ils y puisent, au contraire, les ressources pour mieux y faire face, ensemble. La prochaine fois que vous verrez une de ces invitations, vous saurez qu’elle est bien plus qu’un dîner entre connaissances : c’est la tentative de reconstruire, à l’ère du numérique, un peu de ce village communautaire dont nous avons tous besoin.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>Promotion de l&#8217;éthique: La Côte d&#8217;Ivoire a organisé le premier atelier d&#8217;experts en enseignement de l&#8217;Ethique</title>
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		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 18 Dec 2024 18:06:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Exploration]]></category>
		<category><![CDATA[Akindes]]></category>
		<category><![CDATA[koffi Gnamey]]></category>
		<category><![CDATA[Professeur]]></category>
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					<description><![CDATA[L’UNESCO, avec le parrainage du Chef de l’Etat, Laurent Gbagbo, président de la République de Côte d’Ivoire,&#160; a organisé en partenariat avec l’Université de Bouaké, le Comité Consultatif National de Bioéthique, du 3 au 5 décembre 2008, à l’Hôtel Ivoire à Cocody, le premier atelier d’experts en enseignement de l’éthique. A l’ouverture de cet atelier, [&#8230;]]]></description>
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<p class="wp-block-paragraph">L’UNESCO, avec le parrainage du Chef de l’Etat, Laurent Gbagbo, président de la République de Côte d’Ivoire,&nbsp; a organisé en partenariat avec l’Université de Bouaké, le Comité Consultatif National de Bioéthique, du 3 au 5 décembre 2008, à l’Hôtel Ivoire à Cocody, le premier atelier d’experts en enseignement de l’éthique. A l’ouverture de cet atelier, le représentant du Président de la République de Côte d’Ivoire, le professeur Voho Sahi, conseiller spécial du chef de l’Etat, a salué cette initiative. Il a noté l’engagement du président Laurent Gbagbo pour la réflexion en faveur de l’éthique. Le ministre ivoirien de l’éducation nationale, Gilbert Bleu-Lainé à, en plus de sa qualité de président de la Commission nationale de l’UNESCO exprimé sa gratitude au directeur général de l’Unesco représenté par le Professeur Henk ten Have, directeur de la division de l’Ethique des sciences et des technologies, secteur des sciences sociales et humaines. Il a souhaité que cet atelier contribue entre autres, à améliorer significativement l’image du porteur du savoir et à renforcer la dimension humaniste, compétitive et transformatrice du savoir enseigné dans les écoles. Quand au président de l’Université de Bouaké, le professeur Komenan Aka Landry, il a félicité les organisateurs de cet atelier, notamment, les professeurs Henk ten Have, Christophe Dikénou du bureau régional de l’UNESCO à Dakar, coordonnateur général de l’atelier, Mathieu Lou Bamba, secrétaire général de la commission nationale de l’UNESCO et Lazare Marcelin Poamé, président du comité consultatif national de Bioéthique et doyen de l’UFR des Lettres et Sciences Humaines de l’Université de Bouaké. Prenant à son tour la parole, le&nbsp; secrétaire général de la commission nationale de l’UNESCO, le professeur Mathieu Lou Bamba a expliqué que cet atelier qui sur l&#8217;enseignement de l&#8217;éthique, donne l&#8217;occasion de réfléchir sur les implications de l&#8217;activité de l&#8217;homme sur sa vie et sur son environnement. La promotion de l&#8217;éthique a-t-il expliqué, est en fait la tentative de répondre à des préoccupations multidimensionnelles posées par le progrès des sciences et des technologies, entre autres, dans le domaine médical, sur la vie et l&#8217;environnement de l&#8217;homme. Le professeur Mathieu Lou Bamba, pour mieux expliquer les enjeux de l’éthique s’est interrogé en ces termes&nbsp;: Comment donc éviter que les sciences deviennent inhumaines, qu&#8217;elles se retournent contre l&#8217;homme, qu&#8217;elles sacrifient l&#8217;humain? Mais où est le bonheur de l&#8217;homme? Quel est son épanouissement? Ou bien encore tout simplement, comme s&#8217;interrogeait le vieux philosophe de Koenesberg, Emmanuel Kant: Qu&#8217;est-ce que l&#8217;homme? C&#8217;est ici, a-t-il souligné qu&#8217;intervient l&#8217;éthique comme attitude profondément philosophique, pour inviter les scientifiques à redimensionner et à réinterroger leur discipline sur ses buts et: projets pour l&#8217;homme. Que vaut, en effet, une science qui conduit à la ruine de l&#8217;homme? Ayant compris cela très tôt, l&#8217;Organisation des Nations Unies pour l&#8217;Éducation, la Science et la Culture (UNESCO), à travers sa Division des sciences et des technologies, accorde la priorité à l&#8217;éthique des sciences et des technologies. Cette Division, dont a salué la présence des hauts dirigeants, a notamment pour vocation d&#8217;apporter soutien aux États membres de l&#8217;UNESCO désireux de développer des activités dans le champ de l&#8217;éthique des sciences telles que le développement de programmes d&#8217;enseignement de l&#8217;éthique, des réglementations et des lois, et la création de comités nationaux d&#8217;éthique.&nbsp; Ainsi, pendant trois jours, les experts venus du Bénin, Burkina Faso, Guinée Conakry, Mali, Niger, Sénégal, Togo ont pu réfléchir sur&nbsp;:</p>



<p class="wp-block-paragraph">‘’Programme d’Education en Ethique de l’UNESCO’’ par le Professeur Henk ten HAVE, Directeur de la Division de l’Ethique des Sciences et des Technologies, Secteur des Sciences Sociales et Humaines, UNESCO, PARIS. ‘’Rôles des spécialistes en éthique dans le renforcement des capacités en éthique en Afrique’’ par le Professeur Christophe DIKENOU, Unité des Sciences Sociales et Humaines, Bureau de l’UNESCO, Dakar.</p>



<p class="wp-block-paragraph">‘’Le programme de Master en Ethique et Bioéthique en Côte d’Ivoire’’ par le Professeur Lazare POAME.</p>



<p class="wp-block-paragraph">‘’Le programme de Diplôme d’Etudes Approfondies (DEA) en Droit de la santé’’ par le Professeur Mamadou BADJI.</p>



<p class="wp-block-paragraph">‘’L’enseignement de l’Ethique au Bénin’’ par le Professeur Clément PADONOU, Dr.Vincent AYENA.</p>



<p class="wp-block-paragraph">‘’L’enseignement de l’éthique au Burkina Faso’’ par le Professeur Jacques SIMPORE.</p>



<p class="wp-block-paragraph">‘’L’enseignement de l’éthique en Guinée’’ par le Professeur Assane BAH, Dr Ibrahima El Hadj FALL.</p>



<p class="wp-block-paragraph">‘’L’enseignement de l’éthique au Mali’’ par Dr Samba DIOP.</p>



<p class="wp-block-paragraph">‘’L’enseignement de l’éthique au Togo’’ par le Professeur Koffi GNAMEY, Dr.Komi KOUVON.</p>



<p class="wp-block-paragraph">‘’L’enseignement de l’éthique en Côte d’Ivoire’’ par le Professeur EHUA, Dr.TAHIRI, Professeur POAME, Professeur AKINDES.</p>



<p class="wp-block-paragraph">‘’L’enseignement de l’éthique au Sénégal’’ par les professeurs Aminata CISSE DIAW, Mamadou Lamine SOW.</p>



<p class="wp-block-paragraph">‘’L’enseignement de l’éthique au Niger’’ par le Dr. Malam Abdou BADE, Dr.Abdoulhadi HAMIT.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au terme de ces trois jours de réflexions des recommandations et motions de remerciements ont été présentés.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>Abidjan consacre le Pr Lazare Poamé, pionnier de la pensée transhumaniste africaine, lors du premier Congrès mondial du Transhumanisme organisé sur le continent</title>
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		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 18 Dec 2024 18:06:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Exploration]]></category>
		<category><![CDATA[Pr Ebenezer Njoh Mouelle]]></category>
		<category><![CDATA[Pr Lazare Poamé]]></category>
		<category><![CDATA[Pr Poamé]]></category>
		<category><![CDATA[Professeur]]></category>
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					<description><![CDATA[Les 27 et 28 novembre 2025, l’Université Félix Houphouët-Boigny de Cocody a accueilli un événement scientifique d’envergure internationale : le premier Congrès mondial du Transhumanisme jamais organisé en Afrique. Cette rencontre historique inscrit le continent au cœur des réflexions planétaires sur les mutations technologiques, l’avenir de l’humain et les conditions éthiques du progrès scientifique. Un [&#8230;]]]></description>
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<p class="wp-block-paragraph">Les 27 et 28 novembre 2025, l’Université Félix Houphouët-Boigny de Cocody a accueilli un événement scientifique d’envergure internationale : le premier <strong>Congrès mondial du Transhumanisme jamais organisé en Afrique</strong>. Cette rencontre historique inscrit le continent au cœur des réflexions planétaires sur les mutations technologiques, l’avenir de l’humain et les conditions éthiques du progrès scientifique.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Un congrès placé sous le signe du développement africain</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Sous le thème <strong>« Transhumanisme et développement de l’Afrique »</strong>, cette 18ᵉ édition a réuni plus de quarante experts issus d’une vingtaine de pays d’Afrique, d’Europe, d’Asie et des Amériques. Philosophes, chercheurs, ingénieurs, bioéthiciens, futurologues et acteurs institutionnels ont confronté leurs analyses sur des enjeux cruciaux : intelligence artificielle, biotechnologies, santé augmentée, souveraineté numérique et gouvernance éthique de l’innovation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au cœur de ces débats, le Pr Lazare Poamé, philosophe et bioéthicien ivoirien de renom, a marqué les esprits. Deux semaines après le Congrès, le 10 décembre 2025, la Société ivoirienne de transhumanisme (SIVOT) l’a consacré comme le <strong>« précurseur incontesté des études transhumanistes en Afrique »</strong>. Le Pr Josué Guébo, président de la SIVOT, a rappelé que bien avant l’essor du transhumanisme dans les débats académiques africains, le Pr Poamé en avait déjà perçu les implications philosophiques, anthropologiques, politiques et éthiques. Sa pensée constitue aujourd’hui un socle structurant pour une nouvelle génération de chercheurs africains.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La conférence inaugurale du Pr Poamé a posé les bases d’un <strong>transhumanisme africain</strong> attentif aux valeurs culturelles, sociales et spirituelles du continent. Refusant toute approche techniciste ou réductionniste, il a invité à concevoir l’augmentation humaine comme une continuité critique de la quête africaine du savoir, de la dignité et de l’émancipation, plutôt que comme une rupture imposée de l’extérieur.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Pr Ebenezer Njoh Mouelle, président du Comité scientifique, a prolongé cette réflexion en insistant sur la nécessité de maîtriser les technologies émergentes afin qu’elles deviennent des leviers de développement endogène, et non de nouvelles formes de dépendance.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Des thématiques structurantes</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les travaux se sont articulés autour de sessions consacrées à :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>les fondements anthropologiques du transhumanisme,</li>



<li>les défis éthiques de l’intelligence artificielle,</li>



<li>la longévité et les innovations biomédicales,</li>



<li>la souveraineté numérique africaine,</li>



<li>la spiritualité face aux technologies émergentes.</li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph">Parmi les concepts marquants, celui de <strong>Transubuntu</strong>, présenté par le Pr Josué Guébo, a proposé une articulation originale entre l’héritage relationnel africain (Ubuntu) et les technosciences contemporaines. Cette approche ouvre la voie à une pensée africaine de l’avenir fondée sur la solidarité et la responsabilité collective.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Congrès a renforcé des partenariats structurants avec des organisations de référence telles que Humanity+, l’Association Française Transhumaniste (AFT-Technoprog), l’IEET et d’autres réseaux mondiaux engagés pour un transhumanisme démocratique et respectueux des droits humains. À l’issue des travaux, la <strong>« Motion d’Abidjan pour un Transhumanisme Humaniste Africain »</strong> a été adoptée, appelant à une gouvernance éthique, solidaire et souveraine des technologies émergentes.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le rayonnement du Pr Poamé</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Titulaire de la Chaire UNESCO de Bioéthique, membre associé de l’Académie royale de Belgique, expert auprès de l’UNESCO et de l’Agence universitaire de la Francophonie, le Pr Poamé coordonne le Master d’Éthique et de Bioéthique pour l’Afrique de l’Ouest et contribue à la Nouvelle Encyclopédie de Bioéthique. Son rôle est déterminant dans la structuration de la réflexion bioéthique et transhumaniste sur le continent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Soutenu par JD Éditions, sponsor officiel de l’événement, ce premier Congrès mondial du Transhumanisme organisé en Afrique consacre Abidjan comme un <strong>pôle intellectuel stratégique</strong> du débat sur l’avenir de l’humanité. Il témoigne d’une Afrique désormais actrice de la réflexion, de la décision et de la construction du progrès technologique, dans une perspective éthique, critique et souveraine.s similaires qui sont à l’œuvre dans les processus visés ? Faisons l’hypothèse qu’il n’en est rien !</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>Sport, éthique et science : quand l’Afrique pense son avenir sportif</title>
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		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 18 Dec 2024 18:06:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Exploration]]></category>
		<category><![CDATA[Pr Lazare Poamé]]></category>
		<category><![CDATA[Professeur]]></category>
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					<description><![CDATA[Pendant trois jours, Abidjan s’est transformée en véritable laboratoire intellectuel du sport africain. Du 3 au 5 avril 2025, chercheurs, institutions internationales, acteurs du sport et étudiants se sont réunis autour d’une question centrale : comment concilier performance sportive, éthique, technologie et culture dans les sociétés africaines contemporaines ? Cette réflexion de haut niveau s’est [&#8230;]]]></description>
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<p class="wp-block-paragraph">Pendant trois jours, <strong>Abidjan s’est transformée en véritable laboratoire intellectuel du sport africain</strong>. Du 3 au 5 avril 2025, chercheurs, institutions internationales, acteurs du sport et étudiants se sont réunis autour d’une question centrale : <em>comment concilier performance sportive, éthique, technologie et culture dans les sociétés africaines contemporaines ?</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette réflexion de haut niveau s’est tenue lors de la <strong>Conférence internationale sur l’éthique, la bioéthique, la technologie et la culture dans le sport</strong>, organisée par <em>Sport Africa Network</em> et l’<strong>Institut National de la Jeunesse et des Sports (INJS)</strong>, avec l’appui du ministère en charge des Sports, de l’UNICEF, de la Conférence des ministres africains des Sports, de l’UNESCO et de l’Université Félix Houphouët-Boigny.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Contrairement aux rencontres purement institutionnelles ou protocolaires, cette conférence s’est voulue <strong>résolument scientifique</strong>. Elle a mobilisé des experts internationaux, des universitaires, des professionnels du sport, des formateurs et des étudiants autour d’un même objectif : <strong>produire des connaissances utiles à la décision publique et à la pratique sportive</strong>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La forte participation nationale et internationale témoigne de l’intérêt croissant pour les enjeux éthiques du sport, devenu aujourd’hui une <strong>industrie mondialisée représentant environ 2 % du PIB mondial</strong>, mais aussi un espace de tensions : dopage, marchandisation des corps, gouvernance défaillante, exclusion sociale et dérives technologiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Quand la performance interroge l’éthique</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Lors de la conférence inaugurale, le Professeur <strong>Lazare Kouamé</strong>, titulaire de la Chaire UNESCO de bioéthique, a dressé un constat sans concession :</p>



<p class="wp-block-paragraph">« Le sport, jadis jeu et espace d’épanouissement, est aujourd’hui pris dans l’engrenage du capitalisme de performance. »</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette transformation pousse certains athlètes à recourir au dopage ou à des pratiques de <strong>technologisation du corps</strong>, souvent au détriment de leur santé et de leur dignité humaine. Les travaux ont rappelé que <strong>la science sans éthique perd son sens</strong>, et que toute innovation sportive doit rester subordonnée aux valeurs humaines fondamentales.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Des ateliers au cœur des réalités africaines</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les ateliers ont constitué le socle empirique de la conférence. Du dopage à la gouvernance des fédérations, de l’éducation physique scolaire à l’intelligence artificielle appliquée au sport, les échanges ont mis en lumière les réalités concrètes du terrain africain.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Résultats majeurs :</strong></p>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>La banalisation inquiétante du dopage</strong> chez les jeunes sportifs, souvent liée à une méconnaissance médicale.</li>



<li><strong>La marginalisation de l’éducation physique et sportive</strong> dans les systèmes éducatifs africains, malgré ses bénéfices avérés sur la santé et le développement social.</li>



<li><strong>L’absence de bases de données fiables</strong> sur les athlètes africains, freinant le suivi des talents et la recherche scientifique.</li>



<li><strong>Les limites de la gouvernance sportive</strong>, responsables du désengagement du public, des médias et des sponsors.</li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph">Au-delà des constats critiques, la conférence a proposé des <strong>pistes de solutions</strong>. Le sport a été analysé comme un <strong>outil stratégique de cohésion sociale, d’éducation, de santé publique et d’identité culturelle</strong>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les échanges ont insisté sur :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>la nécessité d’un <strong>accompagnement bioéthique des athlètes</strong>,</li>



<li>une <strong>meilleure formation des enseignants d’EPS</strong>,</li>



<li>l’<strong>intégration du sport dans les politiques nationales de développement</strong>.</li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph">L’Union africaine, à travers ses politiques sportives, a été identifiée comme un acteur clé pour faire du sport un <strong>moteur de paix, d’inclusion et de croissance économique</strong>, à condition de renforcer les financements et la volonté politique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette conférence n’a pas été un simple événement académique : elle constitue une <strong>boussole intellectuelle pour le sport africain</strong>. En croisant sciences humaines, bioéthique, technologies et pratiques sportives, elle offre :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>aux chercheurs</strong>, des cadres d’analyse renouvelés ;</li>



<li><strong>aux décideurs</strong>, des données et recommandations exploitables ;</li>



<li><strong>aux acteurs du sport</strong>, une réflexion critique sur leurs pratiques ;</li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>aux jeunes</strong>, une vision du sport respectueuse de la santé et de la dignité humaine.!</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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